CARNET D'UN PRISONNIER POLITIQUE EN R.D.CONGO

EUGENE DIOMI NDONGALA: PONA KONGO

CARNET D’UN PRISONNIER POLITIQUE EN R.D.CONGO

Je suis enfermé dans une  cellule depuis presque deux ans. Avant j’étais détenu au secret dans des geôles des services de sécurité  et maintenant dans le mouroir appellé « Prison de Makala ».

Malgré ce calvaire,  j’ai appris à utiliser la force de mon esprit pour casser les murs  odieux de cet espace inhumain d’un mètre et demi par deux,  pour voyager très loin avec mon esprit, caressant la canopée  toujours verte des forets du Congo, le sable fin de Moanda ou la surface du majestueux fleuve Congo.

Je suis libre car mon esprit est libre et mon âme  est légère car je ne me reproche de rien et, bien au contraire, j’ai pleine conscience de la responsabilité d’assumer mon combat pour la vérité et la justice au Congo qui, à cause d’une inversion sémantique déplorable mais très frequente à nos latitudes,  est appelé  « Démocratique ».

Il fallait dire « NON »: c ‘était plus fort que moi. Dire Non à l’imposture; dire Non à l’énième holdup up électorale de novembre 2011; dire Non à la volonté de voler l’espoir de tout un peuple, le peuple congolais, le peuple des « damnés de la terre » depuis trop longtemps.

Voilà pourquoi j’ai décidé d’écrire ce Carnet: pour laisser une mémoire de ce sacrifice et de cette lutte PONA KONGO.

« Les congolais seront libres quand ils écriront leur propre histoire« , a-t-il dit un jour Patrice Emery Lumumba

PLAIDOYER PUBLIC POUR LA LIBERATION DE L’HONORABLE EUGENE DIOMI NDONGALA EN EXECUTION DE LA DECISION DU CDH DE L’ONU: LES TEMOIGNAGES ET LES INTERVENTIONS

PLAIDOYER PUBLIC POUR LA LIBERATION DE L’HONORABLE EUGENE DIOMI NDONGALA EN EXECUTION DE LA DECISION DU CDH DE L’ONU: LES TEMOIGNAGES ET LES INTERVENTIONS

PLAIDOYER PUBLIC BROCHURE


Mr-George-Kapiamba-et-Djoly

« Plaidoyer public pour la libération

de l’Honorable Eugène DIOMI NDONGALA

en exécution de la décision

du Comité des Droits de l’homme

des Nations Unies du 16 novembre 2016

Le 22 septembre 2014, Eugène Diomi Ndongala a porté plainte contre la RDC devant le CDH pour détention au secret, privation de soins de santé en prison et déni de garanties d’un procès équitable,constitutifs de violation des articles 9, 10 et 14 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques1.

Après plus de deux ans de procédure contradictoire entre Eugène Diomi Ndongala, représenté par son avocat Me Georges Kapiamba; et la RDC, représentée par le Ministre de la Justice; le CDH a déclaré la plainte recevable en vertu du Protocole facultatif se rapportant au Pacte2 et l’a examinée conformément à son paragraphe 1 de l’article 5.

Le CDH a noté que:

1. L’absence de toute enquête et toute réponse des autorités congolaises aux plaintes de Diomi Ndongala et de son épouse relativement à son enlèvement et sa détention au secret constitue une violation de l’article 2 (3) lu conjointement avec l’article 9 du Pacte ;

2. Le refus du Procureur Général de la République d’exécuter l’ordonnance de son placement en résidence surveillée, rendue par la Cour Suprême de Justice le 15 avril 2013 et renouvelée ultérieurement, constitue une violation de l’article 9 (1) du Pacte ;

3. L’absence de suite aux prescriptions figurant sur les rapports médicaux de Diomi Ndongala ainsi que son départ forcé en décembre 2013 de la clinique Ngaliema constitue une violation de l’article 10 (1) du Pacte ;

4. Le fait d’avoir jugé et condamné Eugène Diomi Ndongala par une chambre de la Cour Suprême de Justice, siégeant comme Cour de Cassation, composée de cinq magistrats en lieu et place de sept, et ce, en violation de la loi du 19 février 2013 relative à la procédure devant la Cour de cassation et de la loi du 11 avril 2013 portant organisation, fonctionnement et compétence des juridictions de l’ordre judiciaire, constitue une violation du droit de Diomi Ndongala à ce que sa cause soit entendue équitablement et publiquement par un tribunal compétent, indépendant et impartial établi par la loi, garanti par l’article 14(1) du Pacte;

5. Le fait, pour la Cour Suprême de Justice, d’avoir empêché Diomi Ndongala, à l’audience du 12 mars 2014, de présenter ses moyens de défense par rapport aux faits et refusé de lui accorder une courte remise pour faire revenir ses avocats dans la salle et que les débats ont été clos et l’affaire prise en délibéré sans que la défense ait été entendue sur des faits d’importance capitale, tels que celui qui prétendait être le père des victimes mineurs des viols ne l’était pas effectivement, ou encore que les filles n’étaient pas mineurs, constituent une violation de l’article 14 (3)(b) du Pacte en ce qu’il n’a pas disposé, pendant l’audience, des facilités nécessaires à la préparation de sa défense et à communiquer avec ses avocats.

Le CDH a, agissant en vertu du paragraphe 4 de l’article 5 du Protocole facultatif se rapportant au Pacte international relatif aux droits civils et politiques, constaté que les faits constituent des violations commises par la RDC de l’article 2 (3) lu conjointement avec l’article 9 ; et des articles 9(1) ; 10(1) ; 14(1) ; et 14(3)(b) du Pacte, et statué que la RDC est tenue de prendre des mesures appropriées pour:

a. Libérer Eugène Diomi Ndongala immédiatement ;

b. Annuler sa condamnation, et si nécessaire, établir des nouvelles poursuites conformément aux principes d’équité et de la présomption d’innocence et assorti des autres garanties légales ;

c. Lui accorder une indemnisation adéquate ;

d. Que des violations analogues ne se reproduisent pas à l’avenir.

Le CDH a accordé cent quatre-vingts jours, soit six mois, à la RDC pour lui présenter des renseignements sur les mesures prises pour donner effet à sa décision ; à la faire traduire dans les langues officielles et la diffuser largement.

« Le Gouvernement congolais doit immédiatement exécuter cette décision pour honorer les engagements internationaux de la RDC en libérant Eugène Diomi Ndongala et l’indemnisant équitablement. Ceux qui s’érigeront en obstacle à cette exécution, se verront poursuivis pénalement et individuellement pour détention arbitraire et torture » a déclaré Me Georges Kapiamba, Président de l’ACAJ.

« La Décision du CDH est une victoire éclatante des droits de l’homme. Elle établit le disfonctionnement de la justice en RDC. Les avocats et défenseurs des droits de l’homme doivent régulièrement recourir aux mécanismes internationaux tels que le CDH pour assurer la protection des victimes de violation des droits de l’homme, a-t-il conclu.

L’ACAJ appelle donc le Gouvernement congolais à libérer l’Honorable Eugène Diomi Ndongala en exécution de la décision du Comité de Droits de l’Homme des Nations Unies (CDH) rendue dans le litige qui l’a opposé à la République Démocratique du Congo (RDC).

Elle encourage les victimes à examiner les perspectives de faire poursuivre individuellement les plus haut responsables gouvernementaux et/ou judiciaires qui feraient obstacle à l’exécution de ladite décision.

Fait à Kinshasa, le 08 mai 2017

Me Georges Kapiamba

Président de l’ACAJ

Téléphone : +243 81 404 3641

Email : kapiambag2@gmail.com

1 La RDC a ratifié le Pacte international relatif aux droits civils et politiques le 1er novembre 1976.

2 La RD a ratifié le Protocole le 1er novembre 1976.


dc boka

Kinshasa, 08 mai 2017

Témoignage de la Démocratie Chrétienne (D.C) à l’occasion du Plaidoyer Public pour la libération de son Président National l’Honorable Eugène DIOMI NDONGALA, en exécution de la décision du comité des droits de l’homme des Nations Unies du 16 novembre 2016.

Distingués Invités,

Chers Camarades,

Mesdames et Messieurs.

La Démocratie Chrétienne, DC en sigle, parti cher à l’Honorable Eugène DIOMI, vous remercie d’avoir bien voulu rehausser de votre présence cette cérémonie de Plaidoyer Public pour la libération de son Président National l’Honorable Eugène NDONGALA, en exécution de la de la décision du comité des droits de l’homme des Nations Unies du 16 novembre 2016.

Cela témoigne, nous en sommes sûrs, de la haute importance que vous accordez à la lutte et au combat politique de cet homme qui a consacré presque toute sa vie à défendre, à vivre et à assumer ses profondes convictions jusqu’au bout, au détriment parfois de sa propre vie, de sa propre sécurité, de son propre confort personnel et familial. Et ce, dans le souci constant de la lutte contre les antivaleurs d’inconstance, d’incohérence, de déloyauté, de reniements, de trahisons, de transhumance, de corruption, de malhonnêteté, qui émaillent tous les pans de notre classe politique, telle une nécrose tumorale étranglant, gangrénant et étouffant toute possibilité d’émergence de l’excellence.

Il n’est de richesses et de valeurs que d’hommes, a dit Boileau, penseur et philosophe français, voulant affirmer par là que toute communauté (surtout politique) ne vaut que ce que valent, sur le plan du courage politique, les hommes et les femmes qui la composent.

Tenez ! Tout le long de son parcours politique, l’Honorable Eugène DIOMI NDONGALA s’est illustré par un courage politique hors pair et visionnaire, luttant toujours pour le triomphe d’une démocratie pluraliste et représentative et voguant souvent au risque de sa vie, à contre-courant des différents régimes répressifs qu’a connus la RDC.

  • Après des études en Sciences Politiques en Italie, il rentra au pays pour participer à la Conférence Nationale Souveraine (CNS) dans les rangs de l’opposition politique non armée.

  • il exerça à plusieurs fois, avec brio, les fonctions de Ministre de la République, privilégiant toujours dans l’exercice de ses responsabilités l’intérêt du peuple congolais, heurtant souvent les intérêts de certains puissants lobbys.

  • A l’époque de Laurent Désiré KABILA, dont le régime avait formellement imposé l’interdiction des activités politiques, l’Honorable Eugène DIOMI NDONGALA s’opposa catégoriquement à cette mesure liberticide, en créant le Front de Survie de la Démocratie, revendiquant ainsi pour la RDC une démocratie pluraliste et représentative.

Il fut également un adversaire acharné de la création des Comités du Pouvoir Populaire (CPP), sorte de carcan dans lequel le pouvoir ambitionnait de diluer et d’enfermer le peuple congolais.

  • Il publia, à cette époque, un livre pamphlet intitulé « Le Manifeste de la Libre Pensée Politique » qui lui valut devant la Cour Militaire l’accusation d’atteinte à la sureté de l’Etat. A cause de ses positions politiques, il fut victime de plusieurs arrestations des services de sécurité de l’époque.

  • Il fut Candidat Président de la République, à l’élection présidentielle de 2006.

  • Candidat Président de la République à l’élection présidentielle de 2011, il renonça à sa candidature au profit d’Etienne TSHISEKEDI, en animant une des plates-formes de soutien au Président de l’UDPS, dénommée Union Sacrée pour l’alternance. (USA)

  • Il fut arrêté à Moanda au Kongo Central en 2011, alors qu’il s’y rendait pour installer les structures de la campagne électorale de TSHISEKEDI.

  • Il s’engagea dans un activisme énergique pour la revendication de la vérité des urnes au profit de TSHISEKEDI après le hol-up électoral de 2011, en décidant de boycotter l’entrée à l’Assemblée Nationale et en créant une plate-forme de résistance intitulée « Majorité Présidentielle Populaire » (MPP).

  • A la veille de la signature de la charte de Majorité Présidentielle Populaire (MPP), il fut victime d’un montage grossier visant à tenter à neutraliser son combat politique relatif à la vérité des urnes. Il fut enlevé et détenu au secret pendant 4 mois.

  • Après une condamnation scélérate et inique à 10 ans de prison, au terme d’un procès caractérisé visiblement par l’instrumentalisation de la justice à des fins politiques, il introduisit un recours auprès du Comité International des Droits de l’homme des Nations Unies contre la RDC. Cette instance internationale, après un procès équitable et contradictoire, a statué sur ce cas en condamnant la RDC le 16 novembre 2016 à libérer immédiatement Eugène DIOMI NDONGALA et à le dédommager des préjudices injustement subis.

  • Nous réclamons l’exécution stricte de ce jugement rendu par 15 juges internationaux, après une procédure contradictoire qui a condamné la RDC sur cette affaire.

    Vérité et Justice pour le Congo : Libérez le prisonnier politique Eugène DIOMI NDONGALA.

Je vous remercie

Prof. Jean-Pierre Boka Kapella, Porte Parole de la Démocratie Chrétienne, DC


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Témoignage de Patrizia Diomi au Plaidoyer de l’ACAJ pour l’exécution de la décision N°2465/2014 du CDH de l’Onu exigeant la libération du prisonnier politique Eugène Diomi Ndongala:

« Les préjudices moraux, physiques et économiques subis »

Je tiens à remercier, au nom de la famille Diomi, l’ACAJ ainsi que tous les invités, les diplomates, les hommes politiques, les activistes des droits de l’homme, les hommes et femmes des médias, qui ont bien voulu marquer par leur présence, leur attachement à la cause de la libération de mon époux, le prisonnier politique Eugène Diomi Ndongala.

Ce n’est pas facile, de nos jours, de vivre et de survivre tout en étant un véritable militant de l’opposition politique en RDC: le prix à payer est lourd, aussi bien pour chaque combattant de la liberté que pour sa famille.

Toute violation des droits humains y passe: répression politique, limitation des libertés fondamentales, détentions au secret, tortures, confiscations des biens, entraves à toute forme d’activité de la famille et surtout, menace sur son intégrité physique.

Cette condition de souffrance peut être résumée en une seule phrase: vivre, en permanence, dans l’insécurité juridique.

Les préjudices que nous subissons sont très lourds: nos enfants ont dû quitter le pays, nos biens ont été confisqués, notamment l’immeuble abritant le siège de la Démocratie Chrétienne, les contrats signés par mon époux avec des sociétés para – étatiques, comme celui avec la CINAT, au Kongo Central, n’ont plus été honorés, même au détriment des intérêts des emplois directs (450 travailleurs) et indirects (milles travailleurs) de cette société, qui sont tous maintenant au chômage à cause de l‘interruption de la production et cela depuis 5 ans.

Ce sont des exemples concrets des conséquences néfastes de l’intolérance politique et de l‘instrumentalisation de la justice contre des adversaires politiques.

Mais il y a pire: le pire, pour un prisonnier politique congolais, n’est pas seulement le fait de perdre toute forme de protection de la loi: le pire est la mise à mort physique, pour le réduire au silence, pour le tuer à petit feu, après avoir essayé de le salir pour le neutraliser politiquement.

Combien d’anonymes, victimes de l’intolérance politique, des innocents, meurent chaque jour dans les prisons – mouroirs de la RDC?

Eugène Diomi Ndongala est passé par toutes ces étapes: brimades, arrestations, détentions au secret, tortures, menaces sur sa famille, ses biens, l’insécurité juridique totale, sans oublier les blessures physiques, dont deux interventions chirurgicales en urgence, un AVC et surtout un déni de soins médicaux, pendant trop longtemps: ce qui a déclenché la grave pathologie cardiaque dont il souffre présentement.

Comment effacer, de sa mémoire, ce 29 décembre 2013, quand un commando de quinze policiers des forces spéciales ont envahi les urgences de la Clinique Ngaliema, la nuit, et

-2-

arraché Eugène Diomi Ndongala de son lit pour qu’il ne reçoive pas des soins urgents

consécutifs au diagnostic d’un AVC? Ce sont des scènes d’extrême violence, pour lesquelles on demande à Dieu la force d’oublier et de pardonner.

Si vous vous appelez Diomi, vous n’avez plus la protection de la justice: vos plaintes ne sont pas traitées, vos enfants sont menacés par des hommes armés qui les poursuivent la nuit, même les décisions de la Cour Suprême en votre faveur sont inappliquées: c’est cela la mort civile.

Mais vous ne pouvez que résister, quand votre conscience est légère et vous vous savez être du bon côté de l’histoire.

La peur, elle, n’existe plus: après tout cela, on n’a plus peur de rien. Il ne reste que le sentiment de profonde injustice, surtout pour les années de souffrance injustement imposée, pour la vie qu’on nous a volée.

Mon époux a été autorisé à se soigner trop tard: son cœur est touché. A cause de cela, il est interné dans une clinique à Kinshasa depuis 13 mois toujours sans soins requis. Sa force de caractère et sa détermination sont intactes mais son physique a trop souffert.

Après avoir été placé, en RDC, dans un état de mort civile, il serait inacceptable que l’insécurité juridique dont lui et sa famille ont été victimes pendant toutes ces années touche, aussi, la décision de la justice internationale rendue en sa faveur. Çe serait la persécution de trop, celle qui révolte toute une opinion publique.

Nous voulons que la RDC soit un grand pays, respectable et respecté dans le concert des Nations.

Voilà pourquoi la famille Diomi continuera à lutter jusqu’à l’application intégrale du jugement n° 2465/2014 du Comité des Droits de l’Homme des Nations Unies, statuant sur la plainte de l’Hon. Eugène Diomi Ndongala contre la République Démocratique du Congo et exigeant sa libération immédiate, l’annulation de la condamnation scélérate et inique dont il a été victime ainsi que son indemnisation.

Et ça sera Justice !

Je vous en remercie.

Patrizia Diomi

 


LA DECISION N°2465/2014 DU COMITE DES DROITS DE L’ HOMME DES NATIONS UNIES EXIGEANT LA LIBERATION IMMEDIATE DE L’HONORABLE EUGENE DIOMI NDONGALA, PRISONNIER POLITIQU EN R.D.CONGO

flecheDECISION DU CDHNU DOC OFFICIEL DEFINITIF PUBLIE

MANIFESTE D’UN COMBATTANT


EUGENE DIOMI NDONGALA:MANIFESTE D’UN COMBATTANT

DIOMI NDONGALA:MANIFESTE D'UN COMBATTANT

EUGENE DIOMI NDONGALA VS REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO: LA RDC CONDAMNEE PAR L’ONU- TOUS LES DOCUMENTS OFFICIELS DE LA PROCEDURE JURIDICTIONNELLE

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PLAINTE DEPOSEE PAR L’HON. EUGENE DIOMI NDONGALA EN OCTOBRE 2014 AUPRES DU COMITE DES DROITS DE L’HOMME DES NATIONS UNIES POUR VIOLATION, DE LA REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO, DU PACTE INTERNATIONAL RELATIF AUX DROITS CIVILS ET POLITIQUES, EN VERTU DE SON PROTOCOLE FACULTATIF

Plainte Eugène DIOMI Au Comité Des DH Des Nations Unies by luila on Scribd

https://fr.scribd.com/document/341078354/Plainte-Eugene-DIOMI-Au-Comite-Des-DH-Des-Nations-Unies

diomi-vs-rdc-acaj

LE JUGEMENT RENDU CONTRE LA REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO SUR LA BASE DE LA PLAINTE INDIVIDUELLE D’EUGENE DIOMI NDONGALA

https://www.scribd.com/document/341082264/Decision-Cdhnu-Diomi-vs-Rdc-Version-Definitive-Et-Publique

ANNEXES DE LA PLAINTE
https://fr.scribd.com/collections/18105625/ANNEXES-PLAINTE-DIOMI-CONTRE-RDC#

LIEN DE LA DECISION JURISDICTIONNELLE SUR LE SITE DE L’ONU – EN FRANCAIS, ANGLAIS ET ESPAGNOL:

http://tbinternet.ohchr.org/_layouts/treatybodyexternal/Download.aspx?symbolno=CCPR%2fC%2f118%2fD%2f2465%2f2014&Lang=fr

LIEN AUX JUGEMENTS RENDUS PENDANT LA 118 SESSION DU CDH NU- VOIR LIEN JURISPRUDENCE-REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO:

http://tbinternet.ohchr.org/_layouts/treatybodyexternal/SessionDetails1.aspx?SessionID=1034&Lang=fr

Ccpr c 118 d 2465 2014 French Clean Auv 161116 Decision Cdh<a title="View Plainte Eugène DIOMI Au Comité Des DH Des Nations Unies on Scribd" href="https://www.scribd.com

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Je pleure Tshisekedi

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*Cette nuit du jeudi 02/02/2017 silence total. Oui, le silence est de plomb dans ma petite chambre. Dans ma solitude , dans mon isolement  nocturne  de cette triste nuit  du 2 février  2017, une nouvelle  vient totalement  perturber  ma sérénité. Une angoisse m’envahit  et mon être  est attristé  par la nouvelle :
Tshisekedi est mort !!, Une nouvelle  choquante. Non, ce n’est pas possible, ce n’est pas vrai. Oui,  c’est la vérité, confirme une voix familiale. Quelques  instants suffisent. La confirmation  arrive par la voix de mon frère  Felix Tshisekedi. Notre leader, notre  idéologue, notre papa bien-aimé  est mort !! Oui, Tshisekedi  est mort. Le père  de la democratie est mort, une tristesse  intense m’envahit. Seul dans l’ombre  de la nuit, je pleure, je tressaillis. Mon maître est mort? Je ne crois pas mes oreilles. Peut-être que je rêve. Non non, ce n est pas vrai. La nouvelle  est confirmée. Depuis cette fameuse  nuit, mon sommeil  s’interrompt presque toutes les nuits. Je me réveille parfois en sursauts. Quelle peine insupportable? Avec qui partager cette douleur ? Ma femme  Patrizia est loin de moi. Mes frères  de combat, tous sont dispersés.  Avec qui alors ? Je suis seul dans ces moments d’amertume à subir cette solitude déchirante dans mon être, seul,  sans consolation. Resté isolé  pour un crime  que je n ai jamais commis, un crime  imaginaire qui n’existe que dans l’imagination  de mes bourreaux  qui veulent toujours  me faire taire à  jamais ! Oh mon Dieu, quelle peine atroce, quel malheur ! Mon coeur  se brise. Mon être  souffre. Ma peine est insupportable. J’aimerais partager cette souffrance  avec tous mes frères  et sœurs épris de la démocratie.  Mon père, tu me manques,  Adieu Tshisekedi, mon papa, mon maitre en politique ! Je pleure en silence dans ma solitude. Je n’oublierai jamais les souvenirs  de tous ces moments passés ensemble,  assis le soir sous les fleurs dans ta résidence  de Limete, des moments  inoubliables où  tu me fortifiais de résister à  la corruption  et aux anti-valeurs. J’éclate en sanglots seul, sans témoin pour partager  ma peine. Mon coeur s’enflamme  de tristesse et mes larmes coulent. Je sais une chose : l’histoire ne s’arrêtera  pas là. Armé de tes enseignements  et de tes conseils  qui bouillonnent  désormais  dans mon être, je poursuivrais à jamais le combat  de la démocratie, de la justice  et, de l’Etat de droit . Toutes ces nuits,  je pleure seul Tshisekedi, mon père. Tu es parti sans tout terminer. Mon souhait , c’est de partager ma souffrance avec les autres frères et soeurs pour te rendre un dernier hommage, avant de nous séparer pour toujours, à  jamais. Adieu Tshisekedi  wa Mulumba ! Adieu ya Tshitshi ! Je ne t’oublierai jamais. Tu as marqué ma vie pour toujours. Tes souvenirs resteront gravés à jamais dans mon coeur .      
 
Eugène Diomi Ndongala

EUGENE DIOMI NDONGALA SAISIT LE GOUVERNEMENT DE LA RDC POUR L’APPLICATION DE LA DECISION N°2465/2014 DU COMITE DES DROITS DE L’HOMME DE L’ONU, EXIGEANT SA LIBERATION IMMEDIATE, L’ANNULLATION DE SA CONDAMNATION INIQUE ET SON INDEMNISATION

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EUGENE DIOMI NDONGALA
CPRK
KINSHASA-RDC
N.Réf.: 01/EDN/2017

6 février 2017

A Son Excellence Monsieur le
Ministre de la Justice et Garde des sceaux,
À Kinshasa / Gombe

 
Excellence,

L’honneur m’ échoit d’approcher votre auguste personne pour ce dont l’objet est en marge.

Le Comité des Droits de l’Homme des Nations Unies (CDH NU) m’a notifié la décision qu’il a rendue dans le dossier n° 2465/2014 ayant opposé Eugène DIOMI NDONGALA à la RDC depuis 2014.

En effet, le CDH des NU, après avoir établi par une procédure contradictoire avec l’État congolais et mes avocats, la violation par la R. D. Congo
des arts. 9,10 et 14 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, a exigé textuellement ceci:

1. Ma libération immédiate;
2. L’ annulation de ma condamnation invalide même par rapport au droit congolais;
3. Mon droit à une indemnisation adéquate.

Le CDH NU a accordé à la RDC un délai de cent quatre-vingts (180) jours pour qu’elle lui fournisse des renseignements sur les mesures déjà prises pour donner effet à cette décision. En d’autres termes, dans ce délai, toutes ces étapes doivent être déjà accomplies et un rapport détaillé doit être transmis à l’ONU. Il est aussi demandé de faire traduire ladite décision dans les langues nationales officielles et la diffuser largement.
En tant que signataire, depuis 1976, du Pacte International Relatif aux Droits Civils et Politique et surtout du Protocole Facultatif qui reconnaît la compétence du Comité des Droits de l’Homme des Nations Unies a statuer
sur les plaintes des individus contre les États, le RDC a l’obligation d’appliquer la

décision N° 2465/2014, pas seulement dans le respect de l’Accord de Genève sur le
respect des Traité Internationaux librement souscrits par la RDC (principe de Droit «Pacta sunt servanda »), mais aussi et surtout dans le respect de l’art 215 de notre Constitution qui dit: « Les Traités Internationaux régulièrement conclus, ont dès leur publication une autorité supérieure à celle des lois… ».

Étant donné qu’en adhérant au Protocole facultatif, la RDC a reconnu que le  Comité de Droits de l’Homme des Nations Unies a compétence pour déterminer s’il y avait eu ou non violation du Pacte et que, conformément à l’article  2 du Pacte, elle s’est engagée à garantir à tous les individus se trouvant sur son territoire et relevant de sa juridiction les droits reconnus dans le Pacte International Relatif aux droits civils et politiques, la RDC doit donner exécution aux décisions du CDH NU.
D’ailleurs, il y a d’autres précédents célèbres de l’application de sa jurisprudence, comme la réintégration et indemnisation de 400 magistrats réengagés dans la magistrature après en avoir été cavalièrement exclus, et cela en application d’une décision dans ce sens du CDH NU, sous la Présidence de SEM Laurent Désiré Kabila.
Voilà pourquoi je viens respectueusement rappeler à votre intention, l’exécution de cette décision déjà publiée dans le site des Nations Unies en tant que « jurisprudence »; faire le contraire, serait engager l’État avec légèreté.
Les respect des instruments internationaux librement souscrits détermine le
sérieux ou bien la nonchalance d’un État, peu importe la couleur politique du bénéficiaire.
Il est vrai que le passage de certaines autorités gouvernementales dans les média m’ a poussé à me demander si elles étaient informées de l’existence de cette décision du CDH NU et c’est notamment le cas du Ministre de l’Information et Media qui semble l’ignorer.
Néanmoins, je sais que la RDC a été notifiée officiellement, par voie diplomatique, de la décision N° 2465/2014 depuis le 04/11/2016.

J’en appelle aux Présidents des deux chambres du parlement qui me lisent en copie, au delà de toute connotation politique, d’avoir un regard responsable sur la suite à réserver à la décision de cette cour internationale des droits de l’Homme, surtout par rapport à la Constitution en vigueur et son art. 215.
Il serait absurde que la volonté de réprimer un adversaire politique soit plus importante qu’entraîner la République dans des lourdes sanctions.

Nous vous transmettons la copie de cette décision en annexe et souhaiterions
connaître les dispositions pratiques que le Gouvernement et son administration vont prendre pour en exécuter dans le meilleur délai.
Veuillez agréer, Excellence, l’expression de ma considération distinguée

Eugène Diomi Ndongala,
Transmis copie pour information:

– Son Excellence Monsieur le Président de la République
(avec mes hommages les plus déférents)

– SEM le Président du SENAT
(avec mes hommages les plus déférents)
– SEM Le Président de l’Assemblée Nationale
(avec mes hommages les plus déférents)
– SEM Le Premier Ministre
(avec mes hommages les plus déférents)
– Monsieur le Président de la Cour Constitutionnelle

– Monsieur le Procureur Général près la Cour Constitutionnelle

-Monsieur le Premier Président de la Cour Suprême de Justice

-Monsieur le Procureur Général près la Cour suprême de Justice

– Monsieur le Représentant du Secrétaire Général de l’ONU en RDC

-Monseigneur le Président de la CENCO

– à La « Commission ad hoc » chargée de la décrispation politique de la CENCO

– Au Représentant du Secrétaire Général de l’Onu en RDC

Tous à Kinshasa/ Gombe

UN NOUVEAU JOUR SE LÈVE

Le temps de la division est passé,

à partir de maintenant nous sommes tous unis, rassemblés !

L’imposture,  c’est fini,

nous somme une nouvelle génération

qui bannit la compromission, l’oppression.

Nous n’utilisons pas la force mais la synergie,

nous ne laissons plus rien nous diviser,

nos chants résonnent dans le monde entier,

nos chefs sont ceux qui sont prêts à se sacrifier pour la liberté de nous tous.

Le jour se lève, les ténèbres se dissolvent inévitablement,

la lumière illumine le Congo et la vraie justice s’impose.

Chacun doit trouver sa place dans ce combat,

qui amène un grand changement.

Ça commence déjà.

Nos cœurs sont unis:

votre « diviser pour mieux régner » c’est fini.

Nous sommes un seul peuple, un seul cœur, une seule équipe.

Nous poursuivons le même but,

un même lien qui nous unit,

une victoire pour tout le monde, un combat qui  nous rassemble.

Quand le peuple se lève l’oppresseur ne peut rien.

La lumière arrive et les congolais se lèvent.

Pas à pas la vérité avance, ils ne peuvent plus nous ignorer.

Quoi qu’il arrive, nous n’abandonnons jamais.

Nous sommes un seul peuple, un seul cœur, une seule  équipe.

Nous poursuivons le même but,

le même combat pour l’avenir de nos enfants.

Le jour se lève sur le fleuve Congo, les ténèbres  s’en vont, irrémédiablement.

La lumière  brille sur le sang de nos martyrs  versé sur nos routes,

mais pas à pas la vérité avance: le monde ne peut plus nous ignorer.

Le peuple congolais se lève pour chanter

– Sachez-le: « Nous n’abandonnons jamais ! »

EDN

 

26/11/2011 – 26/11/2015 / PONA KONGO: NOUS CONGOLAIS, LES DAMNES DE LA TERRE – HOMMAGE AUX KINOIS TOMBES LE 26/11/2011 A L’AEROPORT INTERNATIONAL DE NDJILI

CARNET D’UN PRISONNIER POLITIQUE EN R.D.CONGO


EUGENE DIOMI NDONGALA: PONA KONGO

PONA KONGO: NOUS CONGOLAIS, LES DAMNES DE LA TERRE – HOMMAGE AUX KINOIS TOMBES LE 26/11/2011 A L’AEROPORT INTERNATIONAL DE NDJILI

par FreeDiomi

Le 26 Novembre 2011 : le dernier jour de campagne électorale marqué par le sang des congolais massacrés à l’aéroport de Ndjili: voilà pourquoi j’ai choisi de condamner l’imposture

Comment effacer ces images insoutenables de ma mémoire? Comment oublier l’image d’Étienne Tshisekedi debout, pendant des heures, dans son véhicule tenant tête à l’inspecteur de la Police congolaise, le Général Bisengimana, qui lui barrait la route afin de l’empêcher de rejoindre la capitale, Kinshasa, où il devait tenir son dernier meeting de campagne électorale au stade des Martyrs ?
Le Président Tshisekedi et ses accompagnateurs venaient de risquer leurs vies, car l’atterrissage de leur avion avait été refusé par la Tour de Contrôle de l’aéroport International de Kinshasa à plusieurs reprises, alors qu’ ils rentraient du Bas-Congo, où un énième bain de foule de centaines de milliers de Ne-Kongo avait accompagné et salué le candidat du peuple jusqu’au Pont Marechal. Le même bain de foule s’était reproduit dans toutes les provinces du Congo.
Après avoir quitté la ville de Matadi, l’avion de Etienne Tshisekedi avait tourné dans les cieux pendant des heures avant d’être autorisé, au dernier moment, d’ atterrir à l ‘Aéroport de Ndjili, à quelques minutes seulement d’une panne sèche qui aurait provoqué inévitablement son crash.
Arrivés à Ndjili, tout commença à basculer: les partisans de Tshisekedi étaient brutalement éloigné et nous qui étions sur place pour l’accompagner jusqu’au stade des Martyrs, nous nous retrouvions encerclés par les chars de combats, par des petits blindés et des voitures de police qui nous empêchaient de sortir pas seulement de l’aéroport mais même de nos véhicules.
Pris au piège dans nos voitures, nous essayions d’entamer une négociation avec nos bourreaux mais les pourparlers furent infructueux au point que les esprits s’échauffèrent et pour la première fois le Président Tshisekedi, toujours debout dans son véhicule et face à face avec l’Inspecteur Général de la Police « kabiliste », perdra sa patience légendaire et il commença à traiter l’officier de tous les noms d’oiseaux. La Garde Républicaine encercla tout l’aéroport où un nombre important de citoyens congolais étaient arrivé pour accueillir leur leader, malgré le différentes barricades érigées par les forces du désordre tout au long le Boulevard Lumumba. J’ai l’impression de les entendre encore entonner des chants en honneur de Tshisekedi et nous, les responsables des plate- formes de soutien au candidat à la Présidence de la République, essayions d’alerter la presse et la Monusco de ce qui était en train de se passer dans un aéroport international où tous les vols avaient été annulés.
L’appel lancé à la MONUSCO curieusement n’avait abouti à rien: nous faisions face à l’attitude indifférente des fonctionnaires de la structure onusienne qui nous parlaient comme s’ils avaient plus urgent à faire… Nous comprenions vite que nous devions compter seulement sur nous même: d’abord, il fallait protéger le Président Tshisekedi, dont l’altercation avec Bisengimana était devenue âpre; après, rechercher un moyen pour briser le cordon militaire qui nous cernait en plein parking de l’aéroport international.
La présence de la presse internationale comme Al-Jazira, nous était de réconfort car jamais on aurait pu imaginer la suite des évènements dont la chaîne du Qatar détient les enregistrements vidéo.
Nos téléphones sonnaient en continuation: on nous signalait que la garde dite « Républicaine » (encore une inversion sémantique) avait ouvert le feu sur les congolais qui voulaient se rendre à l’aéroport pour accueillir leur candidat à l’élection présidentielle. Beaucoup de Kinois étaient en train d’être fauchés par les balles réelles tirées à bout portant et d’autres étaient tenus à distance par des bombes lacrymogènes ou bien des canons à eau, une eau mélangée avec des substances corrosives et toxiques qui brûlaient la peau des infortunées qui en étaient aspergés.
En quelques minutes, tout a commencé à basculer autour de nous: la garde républicaine, la police et les militaires de la forces terrestre ont commencé à ouvrir le feu sur les citoyens congolais qui étaient regroupés tout au tour de d’aéroport, les mains nues face au kalachnikovs.
Nous tous, prisonniers dans nos voitures, incapables même d’ouvrir les portières, fûmes, au début, surpris; c’était une scène incompréhensible et extrêmement violente :
les jeunes, les vieux, les femmes présents dans le parking de l’aéroport internationale de Ndjili, commencèrent à fuir de tous les côtés pour échapper aux balles réelles et même aux militaires et à la police qui volaient les appréhender physiquement. Beaucoup perdaient leurs chausseurs, leurs vêtements essayant de fuir dans toutes les directions. Les scènes les plus affreuses furent celles des vieux, des dames et des jeunes qui tombaient comme du gibiers sous les balles de leurs affreux « chasseurs ». Après 20 minutes de tirs d’armes à feu qui tonnaient dans toutes les directions, le parking autour des voitures du cortège du candidat Tshisekedi se vida, la fumée des fusils et s se dispersa et autour de nous, ouvrant les fenêtres des voitures, nous pouvions compter un grand nombre d’ hommes et de femmes blessés et aussi des nombreux cadavres.
Les policiers entouraient complètement les voitures du cortège de Tshisekedi et ils étaient si proches qu’ils nous empêchaient d’ouvrir les portières. La nuit tomba et les militaires de la GR commencèrent à ramasser les corps sans vie et les blessés, tous conduit vers une destination inconnue. Le parking de l’aéroport était plein de chaussures abandonnées par ceux qui étaient tombés sous les balles.
L’air était devenu à peine respirable car les gaz lacrymogènes commençaient à peine à se dissiper. Nous n’avions d’autre choix que de rester dans les voitures et ainsi, passer la nuit, craignant que les affreux autour de nous puissent physiquement aussi à notre candidat.
Nous étions des otages mais aussi des témoins gênants du carnage qui avait eu lieu sous nos yeux.
Je me rappelle du visage ensanglanté d’un jeune qui touchait sa tête ouverte par une blessure béante et qui nous regardait et regardait sa main ensanglantée et qui répétait inlassablement: pourquoi, pourquoi, pourquoi, avant de tomber à terre.
Il n’y avait ni de croix rouge ni d’ ambulance de la Monusco: les blessés et les morts étaient brutalement jetés sur les camions militaires et acheminés vers une destination inconnue.
La nuit était interrompue par des coups de balles sporadiques. Notre prise en otage n’ avait pas ému ni la communauté internationale ni la Monusco. La télévision Al-Jazeera arriva à retransmettre les images indescriptibles du carnage mais cela resta impuni, dérangeant à peine l’indifférence habituelle du reste du monde envers ce qui touche les damnés de la terre, nous, le peuple congolais.
Le matin suivant, la police politique aux ordres du Général Bisengimana ouvra son blocus et donna l’ordre au cortège de quitter l’aéroport de Ndjili. Tout au long le Boulevard Lumumba, les indices de ce qui avait eu lieu la veille étaient nombreux: des bombes lacrymogènes explosées, des traces de sang et encore et toujours ces babouches, abandonnées par les kinois soumis à la « mattanza » du 26 novembre 2011.
Le 27 novembre 2011 je me suis dit qu’ une lutte âpre contre un adversaire capable de tout nous attendait: « PONA KONGO », il faillait continuer à se battre, les mains nues face aux kalachnikovs.
Malgré les menaces, les tortures et les humiliations de toutes sortes subies, je ne cesserai jamais de condamner l’imposture: je le dois aux kinois tombés le 26 novembre 2011, les martyrs méconnus et sans sépulture d’une Démocratie qui doit encore naître.
Je suis certain que l’histoire me donnera raison.
Eugène Diomi Ndongala,
Carnet d’un Prisonnier Politique en RDC
LA VIDEO DE AL-JAZEERA REDIFFUSEE PAR EURO-NEWS
https://diomiponakongo.wordpress.com/2014/05/10/pona-kongo-chapitre-i-les-damnes-de-la-terre/

L ‘ALTERNANCE DEMOCRATIQUE NON VIOLENTE ET UN DEVELOPPEMENT DURABLE EN AFRIQUE

entete alternance democratiqueL’histoire recentre de l’Afrique Centrale peut être considérée comme le paradigme d’une certaine évolution des rapports entre l’Europe et l’Afrique, dans un contexte de mondialisation.

Après la fin de la guerre froide, avec la chute symbolique du mur de Berlin, des dictatures sont tombées en Afrique, dont celle de Mobutu Sese Seko au Congo-Zaïre, qui est resté au pouvoir pendant plus de trois décennies.

La chute du régime mobutiste a été l’œuvre d’une rébellion de façade qui cachait mal une guerre d’invasion, avec un soubassement économique, dont les conséquences néfastes sont toujours perceptibles en République Démocratique du Congo, avec des conflits de basse intensité qui continuent à ajouter des victimes aux millions de morts déjà enregistrés depuis 1996.

Ces bouleversements violents ont provoqué la prise du pouvoir aussi bien en R.D.Congo qu’ en Ouganda, Rwanda, Burundi, de la part d’une classe politique issue de rebellions “de proxy“ des années ‘90. Il s’agit, en d’autres termes, d’un phénomène régional, si pas soutenu, au moins toléré par la communauté internationale pour chasser les dictateurs au pouvoir depuis des décennies.

Les “seigneurs de la guerre”, même s’ils ont tronqué leurs uniformes avec des costumes et cravates, ont continué à être adeptes, jusqu’ aujourd’hui, d’une gouvernance violente et répressive, irrespectueuse aussi bien des droits de l’homme que des droits civils et politiques. Leur gestion économique, dans la majorité des cas, n’a pas assuré ni l’autonomie alimentaire de leurs populations et encore moins le développement durable de leurs pays. Sur le plan régional, le pillage entre états, des plus forts militairement sur  les plus faibles, est encore en cours…

Le Congo Démocratique, un des  pays potentiellement les plus riches au monde grâce aux nombreuses ressources naturelles, mais aussi le plus pauvre selon l’indice de développement humain, IDH, n’a pas surmonté ce paradoxe économique après la chute de Mobutu, le régime de M. Kabila étant incapable de  faire profiter sa population des  richesses  du pays, à travers une politique de développement durable.

Les régimes des “seigneurs de la guerre”, aussi bien au  Congo que dans d’autres pays dont les élites politiques sont issus de rebellions armées, sont souvent stigmatisés à cause  de la corruption généralisée, de la répression politique violente et de la “fracture sociale”  entre les élites au pouvoir et le reste de la population.

Dans  beaucoup de pays africains, une classe dirigeante “kleptocratique”  règne sur des masses ravagées par la faim, l’exposition à l’insécurité et dont la conscientisation politique et sociale est limitée par l’analphabétisme de larges couche de la population. Cela abouti d’ ailleurs à des migrations de masse vers l’Europe.

Ce n’est pas un hasard si 80% des membres qui composent l’actuel exécutif en R.D. Congo, par exemple,  sont issus des rebellions de “proxy” qui ont ensanglanté notre pays au cours des dernières décennies.

Nous vivons, aujourd’hui, un moment “charnière” de notre histoire car la classe politique issue des mouvements rebelles veut s’éterniser au pouvoir, exactement comme les dictatures qu’elles avaient défaites:

c ‘est le cas du Congo-Kinshasa, mais aussi du Rwanda, du Burundi et du Congo Brazzaville. Mais les anciens “seigneurs de la guerre”  doivent faire face à des formations politiques progressistes et des mouvements citoyens qui veulent pacifiquement leur barrer la route.

En d’autres termes, soit l’alternance politique démocratique aura finalement lieu en Afrique, permettant la prise du pouvoir par des nouvelles élites politiques non armées, soit on sacrifiera le futur de plusieurs générations sur l’autel du cycle vicieux de la prise du pouvoir par la force.

L’exemple du Burkina nous rassure sur la capacité des nouvelles générations de s’assumer et de lutter pour la défense de leurs droits civils et politiques. La contre-révolution avortée de l’ancienne garde présidentielle du déchu Président Compaore a prouvé, à la face du monde, que la mobilisation pacifique de la population est en mesure de mettre en échec les velléités rétrogrades des putschistes réactionnaires.

Dans ce momentum” crucial de l’histoire de l’Afrique, le rôle des partis politiques progressistes et celui des mouvements citoyens est central car il leur revient la tache ardue d’accompagner leurs peuples sur les chemins qui conduisent à des  véritables processus de démocratisation, capables d’aboutir à la vrai stabilité sociale, politique et économique.

En effet, dans beaucoup de pays africains, plus qu’ élire les dirigeants on se limite à voter, sans aucune maitrise du processus électoral. C’est d’ailleurs le cas de la RD.Congo depuis une décennie.

Actuellement, la R.D.Congo vit une crise politique de grande envergure due à l’absence de consensus politique sur le processus électoral et consécutive à la stratégie politique du régime Kabila dite du “glissement”, consistant à ne pas organiser les élections pour se maintenir “de facto” au pouvoir

Cela doit changer¨!

En République Démocratique du Congo, les leaders des forces politiques progressistes et non violentes croupissent en ce moment dans les geôles du régime Kabila, qui craint leur capacité de mobilisation et il croit pouvoir bloquer la passation pacifique du pouvoir telle que prévue par la Constitution actuellement en vigueur, musèlent la presse, embastillant les leaders politiques comme votre serviteur, Eugene Diomi Ndongala et  les leaders de la société civile engagée comme Christopher Ngoy. Au Rwanda, nous pourrions citer le cas de M.me Ingabire. Au  Burundi, la succession d’assassinats politiques sont le produit d’une politique de violation de la Constitution et de la volonté de confisquer le pouvoir par la force.

Voilà pourquoi la problématique de l’alternance pacifique au pouvoir est si importante en ce moment, en Afrique.

  • Que les militaires restent dans les casernes et assurent la sécurité extérieure de leur pays.
  • Que les rebelles ne reçoivent plus des “primes de guerre” assumant des hautes position de pouvoir après avoir commis des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité.
  • Que les acteurs politiques du changement soient soutenus dans leur combat pour la défense des droits civils et politiques des citoyens africains. Qu’il n ait plus de prisonniers politiques dans les cachots- mouroir des régimes liberticides encore au pouvoir en Afrique.

C ‘est cela notre vision pour une Afrique Centrale stable, en paix et surtout capable d’assurer l’alternance politique comme un événement “normal” et “périodique” dans vie politique des jeunes démocraties africaines.

Nous sommes convaincus que la fin du cycle de la gestion du pouvoir d’état par les “seigneurs de la guerre” pourra assurer un meilleur fonctionnement des institutions politiques et une majeure prise en compte des besoins des populations, par des mécanismes de ”accountability” politique vi-à-vis des électeurs et le lancement de politiques de coopération internationale basées sur le transfert de technologie avec les partenaires internationaux et particulièrement ceux européens.

L’Europe et les Etats Unis doivent soutenir la démilitarisation du pouvoir politique en Afrique,  plaidant en premier lieu pour la libération des prisonniers politiques et d’opinion, la liberté d ‘expression mais aussi sanctionnant les responsables politiques  qui veulent s’accrocher au pouvoir par des changements de Constitutions et par des manœuvres politiques de prolongation inconstitutionnelle de leur mandat.

En effet, le développement économique durable de l’Afrique ne peut que procéder parallèlement à la conscientisation politique de sa population qui doit être soutenue dans sa revendication d’une passation pacifique de pouvoir entre présidents sortant et nouveaux élus.

L’alternance politique joue un rôle crucial dans ce processus de consolidation démocratique des états africains car la confiscation du pouvoir par la force ne peut qu’engendre la dictature, la violence, la répression politique et le sous-développement.

 

Eugène Diomi Ndongala

PN de la Démocratie Chrétienne, DC,
Prisonnier politique en R.D.Congo

LA FERME DE KINGAKATI ET LE NOUVEL ORDRE POLITIQUE KABILISTE

LA FERME DE KINGAKATI ET LE NOUVEL ORDRE POLITIQUE KABILISTE

La « majorité » kabiliste, accoutumée à la gouvernance par défi, s’est réunie dans la « ferme de Kingakati » il y a trois jours. Cela m’a rappelé immédiatement le célèbre livre de George Orwell intitulé « La ferme des animaux », qui peint une parfaite allégorie des dérives totalitaires d’un régime décadent s’emparant subitement du pouvoir absolu.

Cette transfiguration de la ferme en un lieu de haute politique m’a rappelé le passage du livre de Orwell où les cochons, devenus maitres de la ferme, confisquent le pouvoir et décident d’élaborer leur nouvelle constitution sur mesure. Un article, en particulier, résume l’idéologie totalitaire des cochons putschistes :

« Tous les animaux de la ferme sont égaux mais certains sont plus égaux que les autres »…

Il me semble qu’un projet scélérat comme celui des cochons putschistes de la ferme orwelienne vienne d’être élaboré dans la bourgade de Kingakati, à la périphérie de Kinshasa, qui désormais fait office de Palais de la Nation…

Face à vents et marées et surtout à l’hostilité de la grande majorité des congolais qui n’ont jamais connu l’alternance politique, une poignée d’anciens mobutismes qui ont convolés à des noces contre nature avec les héritiers de leurs bourreaux afdliens, auraient décidé de prendre tout un peuple en otage en lui ôtant tout espoir d’un avenir meilleur.

Cette abomination politique qui nait du mobutisme agonissant qui s’est uni pour le bien et pour le pire avec le conglomérat d’aventuriers de l’AFDL, vise à faire tabula rasa de l’ordre constitutionnel actuel afin de lancer un Nouveau Ordre Politique qui ne sera pas érigé sur le socle d’idéaux forts, positifs et républicains mais sur un seul pilier « idéologique » qui est l’établissement d’une présidence à vie en faveur du locataire du palais de la nation qui ambitionne, désormais, d’en devenir le propriétaire…

Le Nouvel Ordre Politique Kabiliste s’apparente à une dictature qui ferait reculer la RDC de la « Démocrature » actuelle à une « Dictature »  décomplexée n’ayant plus honte de cacher son ambition de confisquer le pouvoir politique après l’avoir conquis par la force et la fraude électoral.

Nous congolais, nous savions déjà que les rebelles de l’Afdl nous avaient menti : ils nous avaient promis la fin du mobutisme et la Démocratie ; à la place, il nous ont jeté dans un bourbier qui débouchera, si les Congolais n’en prennent pas garde, dans une dictature revisitée, fondée sur des scrutins fictifs et sur l’abolition de toute alternance politique ; dans cette optique, le mot « changement » n’ aura plus aucune signification, comme celui de « droits civils et politiques », du « droit d’expression » ou bien de celui de « manifestation publique ». Le développement de la RDC serait-il possible sans le respect des équilibres démocratiques, du principe des « check and balance », celui de la « responsabilité politique » ou bien en absence de la « sécurité juridique » qui découle d’un état de droit ?

Et quelle serait-elle l’identité de ces nouveaux « Constituants » qui risquent de ramener la RDC un demi-siècle en arrière ?

Seraient-ils les membres de l’actuelle Assemblée Nationale issue de la fraude électorale de 2011 qui se joigneraient aux membres de l’actuel Senat dont le mandat a expiré depuis des années ?

Ces « élus » dont la majorité est constituée de personnages nominés, auraient- ils la légitimité ainsi que la crédibilité pour revêtir la noble toge du Constituant ?

Le Nouvel Ordre Politique Kabiliste est un dessein scélérat qui risque d’importer avec lui la RDC toute entière.

Le peuple congolais doit s’armer de son courage et sa détermination pour faire échec à ce plan méphistophélique, orchestré par un groupe d’individus qui n’on aucun souci pour le futur de cette nation.

Il faut dire NON au Nouvel Ordre Kabiliste car il risque de détruire l’unité nationale et réduire le concept de gouvernance d’un des pays le plus importants d’Afrique à la simple volonté du « prince ».

Devant les convulsions de la machine politique qui cherche le pouvoir absolu, le peuple congolais n’a aucun autre moyen constitutionnel que celui prévu par l’Art 64 de l’actuelle Constitution :

 « Tout Congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force ou qui l’exerce en violation des dispositions de la présente Constitution… »

Eugène Diomi Ndongala,

Carnet d’un Prisonnier Politique en RDC

LETTRE OUVERTE D’EUGENE DIOMI NDONGALA AU PRESIDENT BARACK OBAMA

LETTRE OUVERTE

 

A S.E. Barack Hussein Obama,

Président des Etats Unis d’Amérique,

c/o Ambassade des Usa à Kinshasa, RDC

 

Monsieur le Président,

 

Je m’adresse à vous au nom de la liberté d’expression et des libertés civiles et politiques, en tant que valeurs universelles bafouées en République Démocratique du Congo.

A cet effet, je tiens à soumettre à votre attention les cas des prisonniers politiques qui croupissent en ce moment dans les « mouroirs » qui sont les prisons congolaises, à cause de leurs opinions politiques.

Je souhaite exprimer ma profonde préoccupation concernant la volonté du gouvernement Kabila de modifier l’actuelle Constitution afin de prolonger le nombre de mandats du président sortant. Dans cette optique, je vous demande de prendre des mesures immédiates, conformément à votre dernier message au Congrès des Etats Unis concernant le Congo-Kinshasa, afin de protéger la paix ainsi que le droit à l’alternance politique en tant que pilier d’une vraie démocratie « gouvernante » et non « gouvernée », en République Démocratique du Congo.

Les dernières élections présidentielles et législatives qui ont eu lieu au Congo-Kinshasa en novembre 2011 ont été caractérisées par la fraude et le manque de crédibilité des résultats publiés par une Commission Electorale « Dépendante » au point qu’il est légitime de se poser la question suivante sur la capacité juridique de la majorité issue de cette fraude massive :

                           L’actuel régime politique au pouvoir en RDC peut-il revendiquer la légalité, la légitimité ainsi que l’opportunité de modifier l’actuelle Constitution ?

J’ estime que l’actuelle Majorité conjoncturelle manque de la légalité, de la légitimité et même de l’opportunité de modifier la Loi Fondamentale pour se pérenniser au pouvoir.

Il est nécessaire qu’il se tienne un vrai Débat National sur les limites d’un pouvoir issu d’élections contestables et contestées ainsi que sur la nécessité de respecter les droits fondamentaux des citoyens congolais qui continuent à être piétinés ; un Débat que votre administration pourrait soutenir, dans le respect de la Résolution 2098/2013 du CSNU, afin de promouvoir la paix et la démocratie en RDC, des valeurs qui préoccupent votre Administration, comme témoigne votre dernier message au Congrès concernant la République Démocratique du Congo et les ordonnances y afférant.

Il serait impossible de parler de Démocratie et Droits de l’Homme au Congo Kinshasa sans évoquer la question des détenus politiques, une catégorie de citoyens congolais dont je fais partie à cause de ma revendication de la « vérité des urnes » en RDC.

Les tentatives d’obstruction de ma liberté de mouvement, ma détention au secret alors que j’étais Député élu de la ville de Kinshasa dans les rangs de l’opposition politique, mon invalidation cavalière en tant que Député National, la violation de tous mes droits afin de me neutraliser politiquement à travers un montage politico-judiciaire débouchant sur une parodie de procès politique inique et irrespectueux des droits de la défense, tout cela a abouti à une condamnation scélérate qui   constitue une violation des obligations auxquelles la RDC est soumise au titre du droit international. A cela s’ajoutent les tortures physiques et morales dont je suis quotidiennement soumis et la volonté de mes tortionnaires me de placer, avec ma famille, dans une situation de « mort civile ».

Les fausses accusations portées contre ma personne et mon incarcération ne sont malheureusement pas  des cas isolés.

Sous le gouvernement Kabila, un nombre sans précédent de poursuites ont été engagées contre des opposants politiques, des défenseurs des droits de l’homme et des enquêtes à caractère intrusif des services de sécurité sont systématiquement lancées en vue d’identifier les sources et traquer les journalistes qui révèlent des informations sensibles dans l’intérêt général. Cette tendance obsessionnelle du gouvernement Kabila à réprimer l’opposition politique et son aversion pour toute manifestation publique promue par celle-ci, est anti-démocratique et ne peut plus durer à l’ère actuelle, au moment où l’Afrique a besoin de la normalisation du Congo-Kinshasa, après de décennies de guerres et violations massives des droits de l’homme, pour qu’un Congo nouveau puisse émerger en Afrique Centrale, un Congo que nous voulons respectueux des libertés individuelles et collectives et capable de profiter de ses immenses potentialités économiques.

Au contraire, un Congo qui demeurerait malade économiquement, politiquement et diplomatiquement risquerait de plomber l’élan pas seulement de la région de l’Afrique Centrale mais aussi de l’Afrique toute entière.

J’estime que les mesures répressives des libertés individuelles ainsi que la volonté de continuer à détenir des opposants à cause de leurs opinions politiques constituent des stratégies politiques dangereuses pour les équilibres instables de la région des Grands Lacs et une violation directe de l’engagement souscrit à Addis-Abeba, à l’occasion de la signature de l’Accord Cadre d’Addis-Abeba, de promouvoir le processus de démocratisation et la réconciliation en RDC.

Vous n’êtes pas sans savoir que les réformes nécessaires et urgentes de la justice, de l’armée et des services de sécurité sont volontairement oubliées par le régime en place à Kinshasa qui persiste dans son inertie décadente dans le but d’occulter ses actes répréhensibles, la mauvaise gouvernance, la corruption généralisée, les abus des droits de l’homme.

De même, tous ceux qui dénoncent l’indifférence de l’actuel régime vers les problèmes réels des citoyens congolais, leur pauvreté extrême et généralisée, leur manque d’information deviennent, ipso-facto, des hommes et des femmes à abattre.

Je juge extrêmement préoccupant que l’actuel gouvernement congolais continue d’évoquer des urgences sécuritaires pour justifier les morts de citoyens désarmés qui sont immolés sur l’autel d’une prétendue « stabilité répressive », comme a été le cas le 30 décembre 2013 et le 22 juillet 2014 à Kinshasa.

Les Etats-Unis reconnaissent depuis longtemps le rôle essentiel du respect des Droits de l’Homme et des Droits Civils et Politiques dans l’établissement de bons rapports entre les états et surtout entre les peuples.

Par conséquent, je prie votre Administration à:

  • Soutenir la libération des opposants et prisonniers politiques détenus injustement en RDC, sur la base de faux dossiers montés par les services de sécurité afin de les éloigner de la scène politique ;
  • Soutenir l’Alternance et l’Alternative politique en RDC ;
  • Soutenir la tenue d’un Débat ou Dialogue National sur la reprise du processus de démocratisation de la RDC ;
  • Poursuivre la protection des Droits de l’Homme ainsi que des Droits Civils et Politiques des citoyens congolais, au nom du droit international  (La Déclaration Universelle des Droits de l ‘Homme ainsi que le Traité International Relatif aux droits civils et politiques) ;
  • Soutenir l’adoption par le Congrès de sanctions contre tous ceux qui s’opposent à la relance du processus de démocratisation en RDC et au droit inaliénable des citoyens congolais aussi bien de « voter » qu’ « élire » effectivement leurs dirigeants, sur la base d’élections libres, démocratiques, crédibles et respectueuses des échéances constitutionnelles.

En ce qui me concerne, je suis prêt à payer – et je paye déjà – le prix pour vivre un jour dans une société libre.

Je vous prie d’agréer, monsieur le Président, l’expression de ma haute considération distinguée.

Kinshasa, le 27/07/2014

Eugène Diomi Ndongala,

Président National de la Démocratie Chrétienne, DC,

Porte-Parole de la Majorité Présidentielle Populaire, MPP,

Prisonnier Politique en RDC

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OPEN LETTER TO PRESIDENT BARACK OBAMA / by EUGENE DIOMI NDONGALA

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OPEN LETTER TO PRESIDENT BARACK OBAMA

Kinshasa, 7/27/2014

Mr. Président,

I am writing to you in the name of freedom of speech, civil and political freedoms, as universal values flouted in Democratic Republic of Congo.

                      For this purpose, I want to submit to your attention the case of political prisoners languishing at this time in  “death houses”, which are  the congolese prisons, because of their political opinions.

                       I would like to express my profound concern regarding the will of congolese government to amend the actual Constitution in order to extend the number of term of the outgoing president

With this in mind, I ask you to take immediate actions according to your last message to  United States Congress, concerning Congo Kinshasa, in order to protect the peace and right of political alternation as the fundamental element of a true democracy.

The last presidential and legislative election that occurred in Congo in November 2011, have been characterized by fraud and lack of credibility of the results published by the electoral commission.

That is why  it is legitimate to ask the following question regarding the legal capacity of a political majority based on a massive electoral fraud :

                            ” Can the current political majority in DRC  claim  Legality, Legitimacy as well as  Opportunity to amend the actual Constitution?”

                            I believe that the current conjectural majority lack of Legality, Legitimacy and even Opportunity to amend the fundamental law in order to sustain in power.

                             It is necessary that a real national debate take place on the limits of power after questionable and contested elections as well as the necessity to respect the fundamental rights of Congolese citizens who continue to be victims of this unfair government.

A debate that your administration should support, in the respect of the resolution 2098/ 2013 of CSNU, to promote peace an democracy in DRC, those values that have a real importance for your administration.   You have shown it  in your last message to the Congress concerning DRC and his  subsequent Order.

                             It would be impossible to talk about democracy and human rights in Congo without mentioning the issue of political prisoners, a category of Congolese citizens to which I belong because of my claim of election transparency in DRC.

                            The tentative to obstruct my freedom of movement,   whereas I was an elected deputy of the city of Kinshasa in the ranks of the political opposition, my illegal invalidation as national deputy, the violation of all my rights in order to neutralize me through a parody of trial that were unfair and disrespectful of the rights of defence, all these persecutions have led to a rogue sentence that constitutes a violation of the obligations to which the DRC is subject under the international law.

Additionally, I am subject to physical and moral tortures and the will of my torturers to place my family in a situation of “civil death”.

Unfortunately, the false accusations against me and my imprisonment are not isolated cases in Congo – Kinshasa.

Under the Kabila government, a large number of lawsuits have been brought against political opponents, defenders of human rights and intrusive investigation by the security services are systematically  ordered to identify sources and to track journalists who denounces sensitive information  concerning their country.

This obsessive tendency of the Kabila government to repress political opponents and its aversion to any public manifestation promoted by the opposition, is undemocratic and cannot continue at the present era, when Africa needs a free Congo.

In order to allow the emergence  of a New Congo in Central Africa region, a Congo that we want respectful of individual and collective freedoms and able to take advantage of its enormous economic potentialities, Congolese people need the rule of law in their country.

I believe that the adoption of repressive measures against individual freedoms as well as the willingness to  detain  political opponents,  constitute a political strategy that is dangerous for instable Great Lakes equilibriums, violating the commitment signed in Addis Ababa Global Accord, to promote democratic process and reconciliation in DRC.

You are certainly aware that necessary and urgent reforms of Justice, Army, and Security Services are deliberately forgotten by the kabila regime, which persists in its decadent inertia,  in order to conceal its reprehensible acts, bad governance, general corruption and abuse of human rights.

                                    Similarly, all those who denounce the indifference of the actual regime regarding real issues of Congolese citizen such as their extreme and widespread poverty, their lack of information,  are considered as enemies to destroy.

I find it extremely worrying that the current Congolese government continues to use security emergencies to justify deaths of unarmed citizens who are scarified in the name of  repressive stability, as in December 30,  2013 and in July 22,  2014 at Kinshasa.

The United States support human rights in order to establish good relations among states and among peoples.

 Consequently, I pray your administration to :

  •  Support the release of political prisoners unjustly detained because of false records assembled by the security services to keep them away from the political scene;
  •  Support the political Alternation in DRC;
  • Support the holding of a national debate about the resumption of democratic process in DRC;
  • Continue to protect human rights as well as civil and political freedoms of Congolese citizens, and this in the name of international conventions (the Universal Declaration of Human Rights as well as the International Agreement on Civil and Political Rights).
  • Support the adoption by the American congress of sanctions against all those who conspire against democratic process in DRC and the inalienable right of Congolese citizens to vote   as well as to elect their leaders by free elections.

In my case, I am ready to pay –  and I am already paying –  the price to live one day in a free society.

Respectfully yours,

Eugène DIOMI NDONGALA,

Chairman of Christian Democratic Party ,

Political Prisoner.

LES RECENTS SCANDALES ECONOMIQUES A REPETITION DETRUISENT ENFIN LE MYTHE DE LA « STABILITE » KABILISTE OPPOSEE A « L’ALTERNANCE DEMOCRATIQUE » REVENDIQUEE PAR LES FORCES VIVES DE LA RDC

diomijuillet2014 001

LES  RECENTS  SCANDALES ECONOMIQUES A REPETITION  DETRUISENT ENFIN LE MYTHE DE LA « STABILITE » KABILISTE OPPOSEE A «  L’ALTERNANCE DEMOCRATIQUE » REVENDIQUEE PAR LES FORCES VIVES DE LA RDC

LE PARADOXE DE LA CROISSANCE « APPAUVRISSANTE »

Ces derniers jours, des maraichages nauséabonds de la gestion kabiliste remontent des nombreuses « boules » qui éclatent à la surface de l’actualité et empestent l’atmosphère  au Congo- Kinshasa.  Sous d’autres cieux, ces scandales auraient fait tomber le  gouvernement en place mais en RDC l’exécutif  étant démissionnaire depuis presque 12 mois, d’ailleurs avec l’ensemble des structures dirigeantes des entreprises publiques, aucun mécanisme de contrôle démocratique n’est enclenché pour faire face à ces « affaires ».

Le scandale de l’évaporation des droits miniers sur une production record de cuivre et de cobalt de (dont la RDC est le premier producteur mondial en 2013) nous fait comprendre que le sous-sol congolais ne nous appartient plus : alors qu’à l’époque de Mobutu, une production de 700.000 tonnes de cuivre produit par la société étatique Gécamines alimentait 70% du budget de l’état, la production actuelle,  proche d’un 1.000.000 de tonnes annuelles ne contribue pratiquement en rien au budget de l’état.

Comme si cela ne suffisait pas l’ancien vice-président américain Al Gore, prix Nobel pour la Paix, dans son dernier livre intitulé « Future » qui vient de paraitre, nous explique, chiffres à la main, que plus du 50% des terres arables de la République Démocratique du Congo ont été bradées, à l’insu de l’opinion publique congolaise,  en faveur de certains états – comme la Chine – et des multinationales.

A leurs entrées en RDC, en 1996,  les aventuriers de l’Alliance des Forces Démocratique pour la libération, AFDL en sigle, s’étaient donné une charte qui, dans son article premier, proclamait que le sol et le sous-sol du Congo appartenaient à cette Alliance de triste mémoire…

Nous constatons que les héritiers idéologiques afdéliens ont mis en exécution, à la lettre, leur Charte scélérate au point que notre sol et notre sous-sol sont bradés au meilleur offrant, selon les logiques néfastes d’un capitalisme du désastre, laissé libre d’opérer sans contrôle et avec la complicité de dirigeants véreux et corrompus.

Si à ces scandales déjà éclatés l’on ajoute le projet de dévier les eaux du fleuve Oubangui pour alimenter le Lac Tchad, au nom de on ne sait pas quels intérêts maffieux, voilà que nous risquons de nous retrouver privés même d’eau douce  suffisante pour assurer un débit régulier du fleuve Congo, avec les conséquences néfastes que cela pourrait provoquer aussi bien sur le plan environnemental qu’en termes de diminution de  production d’énergie hydro-électrique.

Mais la série noire des affaires de mauvaise gouvernance et kleptomanie organisée au Congo Kinshasa ne s’arrêtent pas en si bon chemin : le magazine « Forbes » enfonce encore plus le clou dans les marécages puants de la mégestion congolaise avec la dénonciation de la patrimonialisation des ressources économiques de la RDC, placées entre les mains d’un clan qui gère les comptes de la RDC comme sa caisse personnelle au point de toucher même aux ressources de « l’aide internationale », dixit le journaliste d’investigation Richard Miniter dans un article qui dessine dans les détails  les  contours cachés de la gestion calamiteuse actuelle de la RDC.

Malgré ce tableau sombre peint dans le magazine Forbes  et dénonçant l’asservissement de tout un peuple aux antivaleurs de la « Démocrature » Kabiliste, une note positive d’espoir merite d’être mise en exergue :

le triste refrain, souvent chanté par certains représentants  de la communauté internationale,  selon lequel la « Stabilité «  de la RDC devait toujours prévaloir sur « l’Alternance Démocratique » semble définitivement abandonné, au point que la politique par défi  de l’actuel Exécutif,  qui a comme seule stratégie de gouvernance la  perpétuelle procrastination des décisions,  semble maintenant être contenue par le mur en béton armé érigé fin 2016,  à l’occasion de l’expiration du mandat constitutionnel du « président » sortant et de l’actuelle législature dont est issue sa majorité.

La stratégie néfaste de procrastination des  réformes administratives, de la justice, de l’armée et des services de sécurité   ne semble plus une stratégie portante pour le régime Kabila, dont la répression féroce contre toute forme de dissidence politique et la mauvaise gestion ne peuvent plus être considérés des sujets tabou aux yeux d’une communauté internationale finalement disposée à donner une chance à l’alternance démocratique.

Scandale après scandale, détournement après détournement, personne n’osera plus vouloir nous imposer la prétendue « stabilité » génératrice de   sous-développement et d’entropie politique à la place de notre revendication d’une gestion responsable et transparente des ressources naturelles de la RDC qui doivent nécessairement profiter au peuple congolais, dans le  respect des principes du contrôle démocratique.

Plus que jamais, les récents scandales économiques qui s’ajoutent aux graves violations des droits de l’homme et des droits civils et politiques des citoyens congolais,  nous donnent la preuve que le développement est impossible en RDC sans l’Alternance politique.

Le paradoxe de la croissance « appauvrissante » doit s’arrêter car derrière il n’y a que maquillage de chiffres et la corruption systémique de ce régime politique.

Eugène Diomi Ndongala,

Prisonnier Politique en RDC

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LE JUSQUAUBUTISME DE MALU-MALU, LA GOUVERNANCE PAR DEFI ET LES CONSEQUENCES JURISPRUDENTIELLES DE L’AFFAIRE GBAGBO A CPI

 Le très controversé Abbé Apollinaire Malu-Malu, déjà gravement touché dans la sacralité de sa  prêtrise  par l’ interdiction de dire de messe en public édictée par l’Eglise Catholique Romaine, serait désormais  proche de l’excommunication : contre vents et marées, contre la volonté de tout un peuple et de la Communauté Internationale dans son ensemble, ce prélat qui semble téléporté de l’époque de l’inquisition  à nos jours, raconte, à qui le veut entendre, qu’il organisera à sa manière ses élections, sur la base de  « fonds propres » tout en considérant la CENI  comme une entité  « souveraine »…

Moi, de souverain, je reconnais seulement le peuple congolais…

La Démocratie Chrétienne, dans un memorandum adressé à l’intention des Envoyés spéciaux pour la région des Grands Lacs,  a déjà amplement démontré que  les préalables les plus élémentaires pour l’organisation dans le délai des élections locales en RDC n’existent pas.

Que vise-t-il M. Apollinaire Malu-Malu par son entêtement jusqu’au-boutiste ?

Et en ce qui concerne la disponibilité  de fonds pour l’organisation  interne – sans financement extérieur – de ces élections que les partenaires internationaux refusent de financer – avec le flou qui règne actuellement en termes de bonne gestion budgétaire des finances publiques, la provocation de Malu-Malu ne fait que reproduire le « style Kabiliste » de gouvernance par défi.

Comment comprendre qu’au moment où la moitié des enseignants de la RDC ne sont pas payés – selon une récente dénonciation de l’Unicef qui brise le faux mythe de la bancarisation – et que même les honorables députés et sénateurs ne peuvent rejoindre leurs provinces d’origine demeurant impayés, dans ce contexte de disette généralisée entretenue par un gouvernement démissionnaire depuis 8 mois, comment le tout puissant Président de la Ceni peut-il arriver à nous convaincre de la disponibilité effective des fonds nécessaires pour organiser ces élections qui concerneraient des entités administratives   dont n’existe aucune carthographie?

Il ne faut pas être un grand prophète pour comprendre le sens de sa démarche : dans l’opacité la plus totale, Apollinaire fera semblant de vouloir organiser des élections techniquement impossibles pour qu’on arrive en 2015 et qu’il nous annonce des reports, des retards, jusqu’à épuiser des années pour rien et mettant les congolais face au fait accompli de prolonger les mandats de ceux qui, issus de la fraude électoral de 2011, visent à se pérenniser leur pouvoir.

J’ai eu l’occasion de lire récemment la confirmation des  accusations portées contre l’ancien Président Gbagbo, de la Côte d’Ivoire, officiellement inculpé devant la CPI il y a seulement quelques jours : je ne veux pas me placer dans la diatribe entre ceux qui soutiennent son innocence ou bien sa culpabilité mais plutôt mettre en exergue le grave précèdent jurisprudentiel que la Cour Pénale Internationale vient de poser avec son inculpation. Désormais, un président fin mandat qui cherche à s’accrocher au pouvoir, entre autre exploitant une Commission Electorale partisane gérée par une bande de  copains, verra s’attribuer la responsabilité pénale personnelle  des troubles et des morts qui suivront la contestation de son « élection ».

Cela risque de créer un grave  précèdent et une « jurisprudence» qui servira d’avertissement…

Voilà pourquoi je me réjouis de l’effort des forces progressistes de la RDC, aussi bien de la société civile que des partis politiques, des syndicats et des organisations corporatives, de se  réunir pour faire entendre leur voix.

L’impasse politique actuelle est le résultat de cette gouvernance par défi, qui constitue l’unique  modèle de gestion de référence  pour le régime actuel.

Les congolais, placés malgré-eux dans cette situation d’impasse politique, sécuritaire, électorale,  sont face à un choix crucial poue leur avenir :

  • Soit ils emboitent le chemin de la Gouvernance par Défi qui amène aux conflits, à la contestation et peut être à la guerre, soit ils choisissent le chemin d’un Dialogue National Inclusif qui balisera leur avenir vers une RDC effectivement démocratique, stable et en paix.

Prenons notre destin entre nos mains, maintenant,  car la roue de Chronos joue contre nos intérêts et le Congo a déjà perdu un temps précieux pour démarrer son développement et les reformes politiques, administratives et sécuritaires indispensables à son existence en tant qu’état respecté  et respectable dans le concert des nations.

Kinshasa, 21/06/2014

Eugène Diomi Ndongala,

Prisonnier Politique en RDC

Une nouvelle Africa est impossible sans un nouveau Congo

CONFISCATION DU POUVOIR PAR UNE UTILISATION ABUSIVE DE L’INGEGNERIE CONSTITUTIONNELLE :

UN DANGER POUR LA RDC MAIS AUSSI POUR  L’AFRIQUE CENTRALE DANS SON ENSEMBLE

Je tiens à dénoncer le danger qui représente, pour l’Afrique, la confiscation  du pouvoir de la part d’une querelle de présidents autocratiques qui voudraient lancer, en partant du « laboratoire de la  RDC », une nouvelle ère de présidences à vie, en exploitant des subterfuges d’ingénierie constitutionnelle pour s’éterniser au pouvoir.

LA GOUVERNANCE PAR DEFI

  • Les contradictions de la Ligne Politique de l’Exécutif Kabila-Matatat Mponyo.

Au cours du dernier conseil des Ministres une  décision « scélérate »  a été prise de modifier la loi fondamentale de la RDC, contre la volonté aussi bien de la majorité des congolais que de la Communauté Internationale, laquelle accompagne la RDC dans son processus de stabilisation, démocratisation et démarrage d’un nouveau processus électoral, conformément à la feuille de route programmatique souscrite par l’exécutif Kabila-Matata Mponyo, à l’occasion de la signature de l’Accord Cadre d’Addis-Abeba.

Je constate que le système de la « gouvernance par défi » continue à être la règle de gestion de la « res publica » pour l’Exécutif Kabiliste ; en effet, peu soucieux de se rebiffer, les membres de cet exécutif démissionnaire semblent adopter une Ligne Politique caractérisée par des soudains changements de cap qui ramènent le Congo toujours au point de départ : celui de la centralisation et de la confiscation du pouvoir d’état.

Dans une lettre officielle adressée aux membres de son gouvernement en date du 28 octobre 2013, le Premier Ministre Matata  avait informé ceux-ci qu’ils se trouvaient « aux affaires courantes » dès le lendemain d’un discours présidentiel devant les deux chambres réunis en Congrès, les résolutions en question devant constituer le programme du prochain gouvernement. Selon la lettre reçue par tous les membres du gouvernement, ceux-ci   devaient donc être prêts pour la remise et reprise de leurs dossiers. Au même temps, toute adoption d’actes règlementaires dans leur domaine de compétence était interdite. Un ministre – irrespectueux de la consigne épistolaire  – avait d’ailleurs été limogé le 20 novembre 2013, pour avoir adopté un arrêté dans son domaine de compétence, sans l’autorisation préalable du chef du gouvernement. Sa faute avait  été qualifiée de « manquement grave ».

Il est difficile de comprendre comment un exécutif placé aux affaires courantes, dont les ministres ne sont plus habilités à adopter les actes réglementaires de leur propre  domaine de compétence, puisse être habilité à proposer une révision de la Constitution, qui est un acte majeur de politique générale. Si cela était le cas, les principes de la Constitution Matérielle en seraient sérieusement offusqués.

D’autant plus que le Senat de la R.D.C, appelé à adopter, avec l’Assemblée Nationale ces modifications de la Constitution annoncées à la  hussarde par un gouvernement démissionnaire depuis 8 mois  est, lui-aussi, hors mandat depuis plusieurs années !  

Vu ce qui précède, il serait opportun de se questionner sur la capacité politique et juridique de l’actuel Exécutif à proposer des amendements Constitutionnels et celle de l’actuel Parlement de les adoptés.

Mon avis est que cette compétence juridique est tombée depuis 8 mois, avec la mise aux affaires courantes de cet exécutif démissionnaire et depuis 3 ans en ce qui concerne l’actuel Senat,  hors mandat depuis 2011.

2. La deuxième incongruence que je tiens à relever concerne les engagements souscrits par la majorité au pouvoir, au cours du forum politique appelé « Concertations Nationales ». En prononçant  un discours à la Nation, face aux deux chambres du parlement réunies en Congrès, Joseph Kabila a déclaré, en présence de témoins internationaux et  devant le  peuple congolais qui suivait ses propos en direct télévisée, qu’il « s’engageait à donner stricte application aux décisions consensuelles adoptées » au cours de ce forum organisé, d’ailleurs, avec l’argent du contribuable congolais, qui avait dû débourser plusieurs dizaines de millions de dollars pour financer « hors budget » cette couteuse Messe de la Majorité et alliés, chantée au nom de la recherche de la cohésion nationale…

La première décision fondamentale de la Thématique dite de « Gouvernance et Démocratie », concernait justement le consensus dégagé parmi tous les participants, à ne pas modifier la Constitution.

La deuxième décision concernait la libération de prisonniers politiques nommément identifiés : même ce deuxième engagement demeure, dans son ensemble,  inappliqué à ce jour.

Il est paradoxal qu’un Exécutif  placé aux affaires courantes décide de violer les résolutions  de sa  majorité et dépasser sa compétence pour décider de modifier la Constitution contre vents et marées.

A noter que le rapport final de la « Thématique Gouvernance et Démocratie » avait été souscrit, entre autres, par le Vice-président du Parlement, l’Hon. Mwando Nsimba ainsi que par le conseiller juridique du cabinet de la « Présidence de la République ».

Cette attitude de gouverner par défi  découle, en réalité,  de   l’indifférence des actuels « gouvernants » par rapport à l’opinion publique nationale, face à laquelle ils n’ont aucun compte à rendre, car l’actuelle majorité est issue de nominations artificielles et elle n’est pas représentative des choix de la majorité du peuple congolais. Encore une fois, les principes de la Représentativité Pluraliste et Démocratique en sont offusqués. Voilà pourquoi les « élus » ne s’inquiètent pas de la nécessité de rendre des comptes.

C’est important de  souligner que la persistance d’une « gouvernance par défi » constitue une menace pour la paix, la stabilité ainsi que  la reconstruction de la RDC, s’érigeant à  obstacle insurmontable pour  la réconciliation nationale ainsi qu’au lancement d’un véritable processus de démocratisation en RDC, notre pays étant encore et toujours victime de la tentative de privatisation des institutions publiques en faveur d’un clan qui tente de confisquer le pouvoir au détriment de la majorité des congolais.

En résumé :

  1. L’Actuel exécutif démissionnaire n’est pas compétent à proposer à l’actuel Parlement des modifications constitutionnelles, celles-ci dépassant l’administration des affaires courantes de l’Etat ;
  2. L’actuelle majorité aux affaires est tenue au respect de ses propres engagements souscrits à l’occasion du forum politique qu’elle – même a organisé : la première résolution de la « Thématique Gouvernance et Démocratie » des concertations nationales exclue toute modification de la Constitution (voir annexe 1). Il est paradoxal que M. Kabila soit encore revenu récemment, au cours d’une rencontre très houleuse avec le corps diplomatique à Kinshasa, sur sa volonté de donner application à toutes les résolutions des Concertations Nationales, alors que son exécutif s’apprête à violer la plus importante des résolutions de ce Forum Politique que lui-même avait piloté : l’interdiction « TABOU » de toucher à la Constitution de la RDC.Les congolais ayant été privés, en 2011, de leur pouvoir de sanction à cause de la fraude électoral, le régime de facto en place à Kinshasa voudrait exploiter l’ingénierie constitutionnelle pour priver définitivement le peuple congolais de son droit inaliénable à sanctionner et renouveler ses dirigeants. Sans réaction de sa part, « le salaire » de la peur sera une dictature à vie installée encore une fois au cœur de l’Afrique Centrale, avec le risque que le même fléau touche aussi les autres pays limitrophes dont les autocrates qui s’accrochent au pouvoir pourraient se constituer en « syndicat de présidents à vie », hypothéquant ainsi le futur de plusieurs générations de tout un subcontinent africain déjà très fragile mais doté de grandes potentialités:

Que peuples du Congo-Kinshasa, du Congo Brazzaville, du Rwanda, du Burundi, du Burkina…soient maitres de leur destin. Comme avait dit le président Thabo Mbeki:

« Une nouvelle Africa est impossible sans un nouveau Congo« .

 

Kinshasa, 11/06/2014

Eugène Diomi Ndongala,

Carnet d’un Prisonnier Politique en RDC

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ANNEXE 1:

RAPPORT CONCERTATIONS NATIONALES 1 001

PONA KONGO: NOUS CONGOLAIS, LES DAMNES DE LA TERRE – HOMMAGE AUX KINOIS TOMBES LE 26/11/2011 A L’AEROPORT INTERNATIONAL DE NDJILI

Le 26 Novembre 2011 : le dernier jour de campagne électorale marqué par le sang des congolais massacrés à l’aéroport de Ndjili: voilà pourquoi j’ai choisi de condamner l’imposture

Comment effacer ces images insoutenables  de ma mémoire? Comment oublier l’image d’Étienne Tshisekedi debout, pendant des heures, dans son véhicule tenant tête à l’inspecteur de la Police congolaise, le Général  Bisengimana, qui lui barrait la route afin de l’empêcher de rejoindre la capitale, Kinshasa, où il devait   tenir son dernier meeting de campagne électorale au stade des Martyrs ?

Le Président Tshisekedi et ses accompagnateurs venaient de risquer leurs vies, car l’atterrissage de leur avion avait été refusé par la Tour de Contrôle de l’aéroport International de Kinshasa à plusieurs reprises, alors qu’ ils rentraient du Bas-Congo, où un énième bain de foule de centaines de milliers de Ne-Kongo  avait accompagné et salué le candidat du peuple jusqu’au Pont Marechal. Le même bain de foule s’était reproduit dans toutes les provinces du Congo.

Après avoir quitté la ville de Matadi, l’avion de Etienne Tshisekedi avait tourné dans les cieux pendant des heures avant d’être autorisé, au dernier moment, d’ atterrir à  l ‘Aéroport de Ndjili, à quelques minutes seulement d’une panne sèche qui aurait provoqué inévitablement son  crash.

Arrivés à Ndjili, tout commença à basculer: les partisans de Tshisekedi étaient  brutalement éloigné et nous qui étions sur place pour l’accompagner jusqu’au stade des Martyrs, nous nous retrouvions encerclés par les chars de combats, par des  petits blindés et des voitures de police qui nous empêchaient de sortir pas seulement de  l’aéroport mais même de nos véhicules.

Pris au piège dans nos voitures, nous essayions d’entamer une négociation avec  nos bourreaux mais les pourparlers furent infructueux au point que les esprits s’échauffèrent et pour la première fois le Président Tshisekedi, toujours debout dans son véhicule et face à face avec l’Inspecteur Général de la Police « kabiliste », perdra sa patience légendaire et il commença à traiter l’officier de tous les noms d’oiseaux. La Garde Républicaine encercla tout l’aéroport où un nombre important de citoyens congolais étaient arrivé pour accueillir leur leader, malgré le différentes barricades érigées par les forces du désordre tout au long le Boulevard Lumumba. J’ai l’impression de les entendre encore entonner  des chants en honneur de Tshisekedi et nous, les responsables des plate- formes de soutien au candidat à la Présidence de la République, essayions d’alerter la presse et la Monusco de ce qui était  en train de se passer dans un aéroport international où tous les vols avaient été annulés.

L’appel lancé à la MONUSCO curieusement n’avait abouti à rien: nous faisions face à l’attitude indifférente des fonctionnaires de la structure onusienne qui nous parlaient comme s’ils avaient plus urgent à faire… Nous comprenions vite que nous devions compter seulement sur nous même: d’abord, il fallait protéger le Président Tshisekedi, dont l’altercation avec Bisengimana était devenue âpre; après, rechercher un moyen pour briser le cordon militaire qui nous cernait en plein parking de l’aéroport international.

La présence de la presse internationale comme Al-Jazira, nous était de réconfort car jamais on aurait pu imaginer la suite des évènements dont la chaîne du Qatar détient les enregistrements vidéo.

Nos téléphones sonnaient en continuation: on nous signalait que la garde dite « Républicaine » (encore une inversion sémantique) avait ouvert le feu sur les congolais qui voulaient se rendre à l’aéroport pour accueillir leur candidat à l’élection présidentielle. Beaucoup de Kinois étaient en train d’être fauchés par les balles réelles tirées à bout portant et d’autres étaient tenus à distance par des bombes lacrymogènes ou bien des canons à eau, une eau mélangée avec des substances corrosives et toxiques qui brûlaient la peau des infortunées qui en étaient aspergés.

En quelques minutes, tout a commencé à basculer autour de nous: la garde républicaine, la police et les militaires de la forces terrestre ont commencé à ouvrir le feu sur les citoyens congolais qui étaient regroupés tout au tour de d’aéroport, les mains nues face au kalachnikovs.

Nous tous, prisonniers dans nos voitures, incapables même d’ouvrir les portières,  fûmes,  au début, surpris; c’était une scène incompréhensible et extrêmement violente :

les jeunes, les vieux, les femmes présents dans le parking de l’aéroport internationale de Ndjili, commencèrent à fuir de tous les côtés pour échapper aux balles réelles et même aux militaires et à la police qui volaient les appréhender physiquement. Beaucoup perdaient leurs chausseurs, leurs vêtements  essayant de fuir dans toutes les directions. Les scènes les plus affreuses furent celles des vieux, des dames et des jeunes qui tombaient comme du gibiers sous les balles de leurs affreux « chasseurs ». Après 20 minutes de tirs d’armes à feu qui tonnaient dans toutes les directions, le parking autour des voitures du cortège du candidat Tshisekedi se vida, la fumée des fusils et s se dispersa et autour de nous, ouvrant les fenêtres des voitures, nous pouvions compter un grand nombre d’ hommes et de  femmes blessés et aussi des nombreux cadavres.

Les policiers  entouraient complètement les voitures du cortège de Tshisekedi et ils étaient si proches qu’ils nous empêchaient d’ouvrir les portières. La nuit tomba et les militaires de la GR commencèrent à ramasser les corps sans vie et les blessés, tous conduit vers une destination inconnue. Le parking de l’aéroport était plein de chaussures abandonnées par ceux qui étaient tombés sous les balles.

L’air était devenu à peine respirable car les gaz lacrymogènes commençaient à peine à  se dissiper. Nous  n’avions d’autre choix que de rester dans les voitures et ainsi, passer la nuit, craignant que les affreux autour de nous puissent  physiquement aussi  à notre candidat.

Nous étions des otages mais aussi des témoins gênants du carnage qui avait eu lieu sous nos yeux.

Je me rappelle du visage ensanglanté d’un jeune qui touchait sa tête ouverte par une blessure béante et qui nous regardait et regardait sa main ensanglantée et qui répétait inlassablement: pourquoi, pourquoi, pourquoi, avant de tomber à terre.

Il n’y avait ni de croix rouge ni d’ ambulance de la Monusco: les blessés et les morts étaient brutalement jetés sur les camions militaires et acheminés vers une destination inconnue.

La nuit était interrompue par des coups de balles sporadiques. Notre prise en otage n’ avait pas ému ni la communauté internationale ni la Monusco. La télévision Al-Jazeera arriva à retransmettre   les images indescriptibles du carnage mais cela resta impuni, dérangeant à peine l’indifférence habituelle du reste du monde envers ce qui touche les damnés de la terre, nous, le peuple congolais.

Le matin suivant, la police politique aux ordres du Général Bisengimana ouvra son blocus et donna l’ordre au cortège de quitter l’aéroport de Ndjili. Tout au long le Boulevard Lumumba, les indices de ce qui avait eu lieu la veille étaient nombreux: des bombes lacrymogènes explosées, des traces de sang et encore et toujours ces babouches, abandonnées  par les kinois soumis à la « mattanza » du 26 novembre 2011.

Le 27 novembre 2011 je me suis dit qu’ une lutte âpre contre un adversaire capable de tout nous attendait: « PONA KONGO », il faillait continuer à se battre, les mains nues face aux kalachnikovs.

Malgré les menaces, les tortures et les humiliations de toutes sortes subies, je ne cesserai jamais de condamner l’imposture: je le dois aux kinois tombés le 26 novembre 2011, les martyrs méconnus et sans sépulture d’une Démocratie qui doit encore naître.

Je suis certain que l’histoire me donnera raison.

Eugène Diomi Ndongala,

Carnet d’un Prisonnier Politique en RDC

LA VIDEO DE AL-JAZEERA REDIFFUSEE PAR EURO-NEWS
[youtube http://www.youtube.com/watch?v=Gn0tzoCw6fA&w=560&h=315]

INCURIE DIPLOMATIQUE, SECURITAIRE ET ECONOMIQUE: LES CONGOLAIS DOIVENT TROUVER LE COURAGE DE DIRE « NON » POUR PERMETTRE A LA NATION CONGOLAISE DE SURVIVRE

J’ ai pris habitude d’analyser l’actualité politique à partir des évènements qui, comme des images et des portraits de certaines réalités de notre pays, ont marqué mon esprit. Cette semaine, à partir de ma cellule, mon attention c’est focalisée sur trois évènements dont j’ai eu écho :

  1. Les mini-congres du PPRD, annoncé pour finaliser le projet scélérat de la révision constitutionnelle afin d’ adapter la Loi Fondamentale de la République Démocratique du Congo aux ambitions centralistes et anti-démocratiques de l’actuel « locataire » du Palais de la Nation qui ambitionne d’en devenir le « propriétaire » ;
  2. Le refoulement violent, accompagné d’exécutions extra-judiciaires, pillages et agressions de toutes sortes dont ont été victimes nos compatriotes par nos voisins « congolais » ;
  3. L’affaiblissement extrême de l’Etat de droit en RDC.

A ces problèmes actuels, j’ajouterai la persistance, surtout à Kinshasa, avec le « généralissime Kanyama » alias « Esprit de mort » en première ligne dans ses œuvres, de la volonté politique d’ infantiliser nos compatriotes, en limitant les libertés des congolais par des initiatives malencontreuses où se manifeste toujours le visage de l’Etat Destructeur, l’Etat qui Interdit et Censure et jamais l’Etat qui Aide ou Protège l’exercice des droits civils et politiques des congolais.

Cela trahit une conception « négative » de la force publique et de la fonction essentielle de l’Etat.

L’Etat Léviathan, contre l’Etat des citoyens.

Ouvrons les yeux, chers compatriotes, car les congolais ne sont plus des vrais « citoyens »  chez-eux:

le représentants politiques sont issus d’un processus électoral vicieux qui n’a pas respecté le principe constitutionnel d’une élection démocratique par suffrage direct, libre et transparent. D’ailleurs, les décisions de ces Elus semblent systématiquement orientées contre les intérêts supérieurs du peuple, visant plutôt les intérêts des individus au pouvoir qui exploitent leur majorité mécanique et apprivoisée pour imposer leur volonté, sans aucun vrai dialogue républicain et dans un climat d’affrontement perpétuel avec une opposition politique résignée et systématiquement obligée de quitter l’hémicycle pour se faire, au moins, entendre…

Les congolais sont, depuis 15 ans, privés d’identité citoyenne clairement établie :

ni carte d’identité, ni registre d’Etat civil ne peuvent être évoquée pour établir la citoyenneté des congolais, avec toutes les dérivent qui s’en suivent en termes d’usurpation d’identité et nationalité.

Après l’Angola – pour ne pas parler de l’Ouganda, le Rwanda et le Burundi – voilà le Congo d’en face se lancer dans la chasse aux congolais. La réaction des prétendues autorités politiques et diplomatiques R.D.congolais est tellement mitigée qu’elle est inaudible…

Le bilan diplomatique, sécuritaire et économique de l’exécutif Kabila est tellement négatif que les congolais s’étonnent, à chaque fois, quand ils entendent certains partenaires de la RDC évoquer des performances économiques ou sécuritaires qu’eux-mêmes n’arrivent pas à apercevoir.

Quand j’entends M.me Mary Robinson vanter le progrès dans l’Application de l’Accord Cadre, dont le volet politique interne n’a même pas un début d’exécution et celui militaire ou sécuritaire est toujours inappliqué, je me dis que peut être l’Analyste Politique et Abbé congolais Jean-Pierre Mbelu a raison quand il nous dit, avec franchise et sans détours, que la RDC est colonisée et les congolais ne sont pas libres chez eux.

Beaucoup de congolais tombent même dans l’erreur d’attribuer à Kabila deux mandats – frauduleusement acquis – alors qu’en réalité il en a consommé déjà trois : avec quel bilan ?

Pas seulement les congolais demeurent les damnés de la terre en occident, faisant l’objet d’expulsions et traitements dégradants mais, maintenant, ces traitements sont adoptés par nos voisins africains, même ceux qui nous sont le plus proches, s’appelant « congolais », comme nous.

A force de plier l’échine face à la violence d’état, aux abus et à la chosification qui nous est imposée depuis 15 ans, nous avons perdu le respect des autres pays africains. Tout le monde connait comment le Congo se fait voler ses richesses sans réagir ; tout le monde sait que les institutions politiques congolaises sont délégitimée et que notre armée n’est pas prête à nous défendre des menaces extérieures. Les services de sécurités sont plus habitués à traquer et extorquer les civils congolais, traquer les opposants pacifiques ou bien les acteurs de la société civile plutôt que les ennemis de la République. Les Prisons sont remplies par les victimes de leur haine aveugle.

En réalité, les congolais sont marginalisées chez-eux : finaliser un hôpital en construction depuis 30 ans – l’Hôpital dit du Cinquantenaire – et confier sa direction administrative et médicale à des ressortissants Indiens anglophones n’est-ce pas une manière de ridiculiser les congolais, qu’il y a 15 ans, exportaient leurs médecins jusqu’en Afrique du Sud?

Et le même phénomène s’affirme un peu partout : la citoyenneté congolaise est moribonde, notre dignité bafouée.

La Constitution qui nous régit actuellement fut le résultat d’un compromis politique majeur, celui de L’Accord Politique de Pretoria, qui établit ses fondations de principe. J’en parle car je suis un des signataires de cet Accord.

Modifier les dispositions intangibles de la Constitution en vigueur n’est-ce pas une tentative de miner les fondations de l’Accord Politique Global qui est reconnu par toutes les forces politiques réunie après la chute de Mobutu ?

Le Congo –Kinshasa aurait-il assisté à la mort de plus de 8.000.000 de ses ressortissants tout simplement pour revenir à la case de départ, avec une dictature à vie en gestation, maquillée et soutenue par les mêmes cerveaux pervertis mobutistes qui avaient entêté le Marechal à ne pas céder à la pleine démocratisation du pays ? Ils sont toujours là, toujours les mêmes, prêts à tout pour ramasser les miettes tombées de la table de leur nouveau patron.

Certes Mobutu, s’il ne nous avait pas assuré  la démocratie, il nous avait assuré, au moins, jusqu’en 1996, la sécurité et le respect de nos voisins.

Maintenant, à nous, peuple congolais, il nous ne reste plus rien :

ni le respect de nos voisin, ni la sécurité et encore moins le développement économique, impossible dans un pays où la patrimonialisation des biens de l’Etat et la corruption sont le règles de base de la gestion économique du pays, des antivaleurs auxquels s’ajoute le manque absolu de sécurité juridique.

C’est comme si le Capitalisme du Désastre avait pris la place du Panafricanisme, partout en Afrique.

Sur le plan économique le pillage s’installe : la Miba a été placé en faillite, la Gecamines est émiettée et aucune entreprise publique ne fait plus de bénéfice depuis des lustres. L’électricité produite à Inga est vendue et les entrées relatives à ces ventes sont partagés entre apparatchiks au pouvoir, alors que 90% des congolais n’ont pas accès à l’électricité et le 10% restant en profite avec « délestage ».

Les « Contrats chinois » ont privé la RDC des mines les plus rentables du Katanga, avec une contrepartie inconnue à ce jour.

Tout est aliéné et, maintenant, ils veulent nous prendre aussi notre dignité : nous sommes devenus les damnés d’une Afrique pervertie et cela ne pourra que s’empirer, vu les velléités de présidence à vie qui animent les esprits de ceux qui sont en train d’anéantir l’Etat Congolais, à cause de leur vision nombriliste de la politique.

Ne permettons pas à ce régime de nous priver de l’espoir du changement qui s’accompagne à l’alternance politique ; luttons pour pouvoir laisser un héritage à nos enfants et aux générations futures.

Je suis sûr que quand le Congolais auront pris conscience qu’ils sont en train de tout perdre – leur terre, leur liberté et leur dignité – alors ils seront prêts à ressembler toutes leurs énergies pour dire : NON.

Non à l’imposture ;

Non à la chosification des congolais,

Non à toute forme de Dictature à vie.

Vérité et Justice pour le Congo,

Eugène Diomi Ndongala,

Prisonnier Politique en RDC

LA RDC EN PLEINE ENTROPIE POLITIQUE

 

Les images de Kabila embourbé dans la boue jusqu’au cou à l’Est de la RDC est une image qui est restée gravée dans mon esprit, car elle symbolise parfaitement l’état d’apathie dans lequel se trouve mon pays en ce moment :

 

les accords politiques avec la communauté internationale, avec les rebelles, s’additionnent mais la RDC, plutôt que reprendre le chemin de la remise sur les rails du processus de démocratisation, semble œuvrer dans le sens contraire : la mise en place d’une dictature à vie.

Les Concertations nationales, en tant que forum politique complétement « téléguidé » ont donné lieu quand même à quelques allures d’espoir de redynamisation de la vie politique interne du pays. Mais, comme d’habitude, au-delà des grands discours et des chorégraphies folkloriques habituelles, les congolais ont vite compris que le pouvoir kabiliste ne veut pas respecter ses propres engagements souscrits par sa propre majorité lors de ce forum politique largement boycotté, d’ailleurs,  par l’opposition politique.

Un cas frappant de cette inapplication systématique est celui de la libération annoncée des prisonniers politiques, dont la résolution des concertations nationales reste lettre morte à ce jour.

Alors que l’Accord-Cadre d’Addis-Abeba prône la réconciliation nationale et la relance du processus de démocratisation, brusquement interrompu par la fraude électorale à grande échelle des élections de novembre 2011, nous assistons, en toute vraisemblance, à un processus contraire, avec, à  la clé, une prévisible révision constitutionnelle pour éterniser Joseph Kabila à la tête de la RDC.

Cette image de Kabila qui pousse son 4×4 dans la boue des pistes de la province Orientale hante mon esprit car elle est représentative de l’impasse politique actuelle.

La politique de faux habillage dialectique est toujours d’actualité alors que le manque de dialogue entre la vraie opposition et « majorité » issu de la fraude électorale est incontestable.

Au moment où j’ écris mes réflexions que, en toute modestie, je désire partager avec mes compatriotes, il me semble qu’un vide de pouvoir s’annonce en RDC, un vide à peine colmaté par le dynamisme du nouveau représentant spécial du S.G. de l’Onu en RDC, le « vert » Martin Kobler, qui d’ailleurs semble être puni par le refus de Kabila de le rencontrer depuis son accréditation…

Si l’on gratte la surface de la fine couche de peinture étalée pour cacher la passivité kabiliste, on se rend vite compte que ce pays est actuellement sans un vrai gouvernement, l’actuel étant « de facto » démissionnaire » ; avec une assemblée nationale et un sénat en vacance alors que le budget de l’ état pour 2014 n’est pas voté et surtout avec la signature par le CIRGL/SADC d’un conclusion des pour-parler de Kampala alors que l’application essentiel de cet accord – qui veut cacher son nom à cause d’une diatribe byzantine dont la « Kabilie » détient le secret – comme la démobilisation des combattants insurgés de tout bord (m23, mai-mai  etc.) demeure sans prise en charge à ce jour :

combien de temps encore ces insurgés qui se sont rendus résisteront à dormir à la belle étoile, sans nourriture et sous la pluie, avant de reprendre le chemin de la brousse ?

Sans vouloir entrer dans les détails de l’opportunité ou moins de signer l’accord de paix avec le M23 plutôt qu’avec ses parrains, il ne faut pas oublier que le prétexte du lancement de la rébellion/agression fut la non application des accords précédents de mars 2009. Des lors, il me semble nécessaire au moins de ne pas se replacer dans la position, encore une fois, en signant des accords, devant une  pléthore de témoins internationaux, et par la suite de ne pas donner application à ces engagements souscrits au nom de la république.

Sans DDR, plan de démobilisation,  et Amnistie, la RDC ne fera que se placer, encore une fois, dans la même position de mars 2009 et, en toute vraisemblance, les mêmes préalables donneront lieu à des nouveaux prétextes visant la déstabilisation permanente de la RDC.

En d’autres termes, « nul novo sub soli », malgré l’application systématique de la politique du maquillage esthétique à la consommation extérieure :

–        aucune fracture politique n’est colmatée ;

–         le choix de la politique économique dite de la « modernité » à la place de la promotion du développement qui passe par la construction des infrastructures de base, la promotion de l’agriculture et le démarrage de l’industrialisation du pays, demeure à la base des basses performances économiques de la RDC, en terme de revenu pro-capita et même d’indice de développement humain, IDH, le plus bas au monde.

Dans ces conditions, les congolais demeurent dans le désespoir pour le futur de leur pays, dont certaines puissances visent ouvertement la désintégration prétextant l’incapacité du régime actuel – qu’elles-mêmes soutiennent – de gouverner la RDC.

Les congolais doivent apprendre à oublier la peur et comprendre que leur futur est en danger.

Kinshasa, Cprk, 19/12/2013

Votre compatriote,

Eugène Diomi Ndongala,

Prisonnier Politique en RDC